LES VICAIRES GÉNÉRAUX
naient avec nne chicanière opiniâtreté ; se défier par dessus tout des brebis galeuses, des faux convertis, qui dissimulaient les hontes de leur passé sous des protestations édifiantes, et, se livrant à un méprisable espionnage, ne se rapprochaient de leurs anciens confrères que pour les trahir. Il fallait enfin s'occuper des trop rares jeunes gens qui, aspirant au sacerdoce, ne pouvaient encore être réunis dans un séminaire, et qui, tout en exerçant une profession qui les faisait vivre, venaient de loin en loin consolider leur vocation auprès de quelque prêtre expérimenté, et s'instruire dans les devoirs de Tétat que leur générosité les poussait à embrasser. Pour cet immense labeur, les vicaires généraux devaient savoir tout, voir tout, être partout, et il importait qu'ils fussent pourtant à Tabri des investigations de la police qui, semble-t-il, n'arrivait jamais à les dépister.
Et cependant les rapports montrent que la surveillance ne se relâchait pas ; en prairial, ils signalent de nouveaux oratoires : rue de Cléry, dans la maison du peintre Lebrun où il se faisait des expositions de tableaux ; à la Chaussée d'An tin, dans la chapelle des Capucins ; rue du Battoir, dans une maison où étaient réfugiés les prêtres expulsés de Saint-André-des-Arcs : rue des Blancs-Manteaux, dans une dépendance de l'ancien monastère bénédictin ^.
Les prêtres qui admettaient plus de dix personnes a leur messe étaient poursuivis : un ancien Génovéfain. nommé Doublet, avait célébré devant 33 assistants : il