‹ L'église de Paris et la Révolution (volume 2)Chapitre 327 sur 364 · Ibid., F · texte numérisé non relu

Ibid., F

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de prêtre habitué à Saint-Louis-cn-rile à la situation enviée de curé d'une des principales paroisses de Pariv Là, par son énergie, ses ardentes convictions, son /A batailleur, il justifia les espérances que les honinii^ de son parti avaient mises en lui* Inébranlable pendant la persécution, il a subi de nombreux emprisonnements, erré dans Paris pour y trouver un asil»" précaire, suivi avec anxiété les destinés de ses confrcrf-i persécutés, appris avec indignation les faiblesses de la plupart d'entre eux. Enfin, au printemps i7g5, il cnV avec quelques amis restés fidèles ce Presbytère qui réalise à ses yeux le retour aux traditions de l'Eglis»» primitive. Sur bien des points cependant, ses ambitions n'avaient pas été satisfaites, ses illusions s'étaient trouvées vaines, et, malgré la forte dose d'optimisnHdont il semblait pourvu, l'avenir s'annonçait pour lui sous les couleurs les moins brillantes. Son premier H principal désappointement avait eu pour principe \e peu de concours qu'il avait trouvé parmi les collalx»rateurs qu'il s'était choisis en 1791. Son esprit autoritaire, jaloux et Iracassier, sa doctrine intolérante sur les matières de la Grâce et surtout sa morale inipitoyablemen t rigide avaient découragé quelques homme> de bonne volonté et n'avaient fait que précipit<?r lr< plus lièdes dans la voie des chutes irréparables. S<in second vicaire, de la Poëze, qui d'abord n'avait pas juré, mais qu'il avait fini par entraîner à sa suite, l'avait promptcment quitté, peut-ôtrepour se rétracter: le cordelier Mabille avait accepté les offres de l'oratorien Primat et s'en était allé à Cambrai comme vicain* épiscopal. Jean Ouarnier, Laurent Fernbach et d'autres

prêtres sur lesquels il aurait pu compter, avaient porté leur zèle dans d'autres paroisses. Quant aux anciens collaborateurs de M. Bossu, le curé insermenté, ils s'étaient presque tous retirés, imitant la conduite irréprochable de leur pasteur, mais, pendant que celui-ci avait quitté la France, ils étaient demeurés à Paris pour essayer de continuer leur ministère et cette généreuse résolution avait coûté la vie à quatre d'entre eux, massacrés en septembre, MM. de Pommeraye, Cape^u et les deux frères Benoît.

Que restait-il à M. Brugière comme personnel ? Un premier vicaire, Gravcl, qui ne se recommandait que du titre d'aumônier de la Garde Nationale, et qu'il dut chasser à cause de sa conduite scandaleuse ; puis deux Minimes, Courtel et Larose, un capucin, Labrosse. qui se marièrent tous les trois et quelques autres qui, au momentde la persécution, devaient le laisser seul pour ^soutenir l'honneur du clergé de la paroisse.

Au moins, pensait M. Brugière, quand cette persécution eut pris fin, la restauration du culte va-t-elle €tre assurée, sous le bénéfice des lois, par la création d'un Presbytère ! Mais là encore il avaitdû reconnaître qu'il s'était trompé : cet organisme destiné, selon lui, à assurer une autorité forte sur les prêtres et les fidèles n'avait été que la cause de divisions profondes entre le clergé et les évêques, entre les prêtres eux-mêmes. 11 est vrai que Brugière était un théoricien, et que peu lui importaient les résultats quand il avait pu affirmer des principes : sans regarder ni à gauche, ni à droite, il marchera toujours devant lui, fonçant sur l'obstacle, «écrasant les insermentés de ses virulentes invectives,

accablant les rétractés des éclats d'une méprisante colère et gourmandant ses amis s'ils ne veulent pas so conformer à la lettre à sa manière de concevoir le^ difficultés de la situation.

Enfin, ce qui fut pour le curé de Saint-Paul une source de profond chagrin, c'est que son église n'était pas rouverte. Dévastée, elle était mise en vente, et un acquéreur allait démolir ce gracieux édifice gothique pour construire à la place les hideuses masures qu'on voit encore. On est tenté de se demander si les architectes d'alors n'avaient pas comme premier article de leur programme de faire laid, de ménager parcimonieusement l'air et la lumière et de préparer pour les jours d'épidémie un centre d'élection pour les gernie> morbides !

Brugière n'était pas de ces hommes qui se découragent : on lui avait enlevé son église : il en ouvrit deux. Ce fut d'abord la chapelle des Annonciades ou Filles-Bleues, et, quand celle-ci devint insuflisante. l'église des Visitandines de la rue Saint- Antoine. Lne quinzaine de prêtres formaient son clergé, travaillant tour à tour dans l'une ou l'autre chapelle ; cependant, celle des Annonciades était confiée particulièrement à un ex-religieux de Picpus, le P. Bovand, qui, en 1790. était directeur d'une petite école militaire établie à Nanterre*. C'était un prédicateur de mérite; il s*^ rétractera en 1797 et deviendra vicaire à Saint-Eustache.

M. Bovand ne fut pas le seul des collaborateurs

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