Art
2. MM. Andriciix, supérieur du Séminaire do Saint-Xicolas (art. 90-98) ; Pierre (îiiérin du Roclier, supérieur des Nouveaux-
LES MASSACRES 3oi
Près (ic la iiioilic des 3oo prêtres incarcérés étaient étrangers à la capitale ; c'étaient de pauvres curés de province chassés de leurs paroisses, menacés de mort par leurs compatriotes, et qui étaient venus se cacher dans la grande ville et y demander le passeport leur permettant de s'expatrier. Dépaysés, faciles à recoiuiaître sous leurs déguisements maladroits, ils attiraient l'attention, quand ils croyaient la détourner, ils éveillaient les soupçons des espions et des délateurs et amenaient l'arrestation des prêtres charitables chez qui ils étaient venus se réfugier.
Les massacres.
V la fin d'aoûl, les prisons étaient pleines, ce n'étaient pas seulement les prêtres qui les remplissaient,
Convorlis (art. iji-iô?) et son frôrc Robert (art. 20/1); Lcnfant, pr(''dicateur célèbre (art. 2o5 209) ; Le Giié, prédicateur (art. 212) ; Friteyre-Barbé, chanoine de Saint-Paul-dc l'Estrée à Saint-Denis (art. 2oi-2oj); Thonias-Bonnotte, confesseur des Ursvilines (art. iGi); Le Livec, aumônier des Filles du Calvaire (art. i()3) ; Le Rousseau, aumônier de la Visitation delà rue du Hac(art. iG/i); Verrou, directeur des Sœurs de Sainte-Aure (art. j65) ; de Villecrohain, confesseur des iiénédictines de la rue de Bellcchasse (art. iGG); Charton-Millon, directeur des liénédictincs du Saint- Sacrement, rue Cassette (art. 200); Gauthier, chapelain des Incurables (art. 170); du Roure, chapelain des Enfants-Trouvés (art. 17A); Second, aumônier de la Initié (art. 17*)); lialmain (art. 190), Benoit- Vourlet (art. i9()), Béraud du Pérou (art. 197), tous trois pensionnaires chez les Eudistes; Cayx-Dumas (art. 198-199), Gagnier des Granj^es (art. 20.'(), Laurier de Lamanon (art. 2o'i); Vareille-Duleil (art. 212), retirés tous les quatre à Saint-François-de-Sales d'Issy ; Bonnand, de Lyon (art. ^!8i-28,'i) ; Laporte, de (^)iiimper (art. 3ouj.
3oa LES MVSSACRES
mais des suspects de toute condition : magistrats officiers, fonctionnaires, grands seig-neuis et bourgeois, et aussi des soldats qui avaient déserté devant l'ennemi, des malfaiteurs qui avaient essayé de profiter de la confusion générale pour commettre quelque mauvais coup, des malheureux que la misère avait poussés au vagabondage...
Que voulait-on faire de tous ces prisonniers? En particulier, quel sort réserA ait-on aux prêtres réfractaires? S'agissait-il simplement de les conduire à la frontière, comme l'édictait une loi impitoyable;^ ou voulait-on les faire périr ? Et cette résolution barbare, de noyer dans le sang leur héroïque résistance, quand a-t-elle été prise';* Par quiP Sous la pression de quels événements ')
A la fin d'août, de sinistres nouvelles arrivaicjit à Paris ; le duc de Brunswick avait passé la frontière, à la tête de 80.000 hommes ; le 22 la place de Longwy avait capitulé ; la nouvelle arriva le 26, et dans l'enthousiasme patriotique, tous voulaient marcher à l'ennemi. Les fédérés reçurent l'ordre de s'avancer vers Soissons. (( Gardez-vous en bien, écrivait Marat, on vous trahit : (( en vous éloignant de Paris, on veut laisser l'Assem- {( blée sans défense, les ennemis du dedans en profite- (( ront pour délivrer le prisonnier du Temple, et ce (( sera le triomphe de la contre-révolution. Débarra s- (( sons-nous d'abord de ces ennemis du dedans, et, (( quand nous les aurons mis hors d'état de nuire, alors « nous courrons au devant des Prussiens. »
Sous ces excitations, l'Assemblée décréta qu'une perquisition générale serait faite pour découvrir les