‹ L'église de Paris et la revolutionChapitre 243 sur 286 · I. Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

I. Voir plus haut, p

SA1NTE-MA.RGDERITE 38$

Cette dernière paroisse avait disparu en 1 798 par la défection du curé et du clergé constitutionnel et elle n'avait pas été rétablie en 1796 ; les bâtiments du couvent des Cisterciennes avaient reçu diverses affectations et l'église ne fut rouverte que plus tard pour servir de chapelle à l'hôpital qui fut établi dans une partie de l'édifice conventuel.

La paroisse primitive avait traversé bien des crise» depuis le jour où deux de ses prêtres avaient inauguré dans Paris une ère de scandales en y contractant des^ mariages sacrilèges.

Le curé Lemaire, qui avait osé protester, avait été traduit devant le Tribunal révolutionnaire, puis, cédant à la contagion, avait abdiqué ses fonctions *.

En 1795, les constitutionnels avaient repris les exercices du culte à Sainte-Marguerite, mais la population s'était retirée d'eux et fréquentait les nombreuses, chapelles de couvents transformées en oratoires par le clergé insermenté. Découragé, M. Lemaire abandonna la lutte et ne chercha pas à disputer la place à son successeur ; atteint de graves infirmités, il vécut cependant jusqu'au 3 mars 1810, mais il ne semble pas qu'il ait rétracté ses erreurs.

Le successeur qui lui était donné était M. Jean- Jacques Dubois, né en 1760, et qui avait appartenu à la congrégation des Prêtres de la Mission. 11 y avait sept ans qu'il travaillait dans l'arrondissement, d'abord aux Filles-du-Calvaire, puis aux Minimes et nous savons déjà qu'avec l'aide de coopérateurs nombreux et dé-

384 SAlKTB-MikBGIIEBirfi

Toués, il avait fait de la chapelle des Minimes le centre religieux le mieux organisé de l'Est de Paris ^.

M. Dubois était avant tout un homme d'action, ce qui ne l'empêchait pas d'être un bon théoIogLen et un excellent administrateur. U se mit courag^eusement à l'œuvre pour réveiller la foi dans une paroisse où plus qu'ailleurs les déclamations révolutionnaires avaient perverti les intelligences.

Pendant le Carême de i8o3, il inaugura dans son église des conférences dialoguées an cours desquelles un de ses vicaires, faisant a l'avocat du diable », lui posait des objections contre la religion ; cette méthode, également employée aux Carmes par l'abbé Frayssinous, avait quelque chose d'inusité et cette apologétique populaire eut un succès incroyable- Les ouvriers parisiens, naturellement gouailleurs, venaient par curiosité pour entendre un prêtre c qui parlait contre "la religion » et les réponses topiques du curé firent disparaître plus d'un préjugé hostile ; au boutde quinze joara l'église était pleine et les bulletins de police nous rensdgnent semaine par semaine sur ces prédications d'un genre nonv^iu 2.

M. Dubois continua pendant quinze ans son fructueux ministère ; en 181 7 il fut gravement malade et reçut les derniers sacrements pendant que son église était l'emplie de gens en larmes qui demandaient sa .guérison ; û parut se rétablir ; il s^en allait achever sa

Page 1