Ami de la Religion, WIX, 36o
3. Christophe-Jacques Pioret, fils d'un officier, était né à Versailles le 1" mars 1780; il avait fait ses études à Paris et pris ses grades en Sorbonne. En 1768, le mariage de sa sœur avec un conseiller au Parlement de Bourgogne l'attira à Dijon et Tannée suivante l'évêque Poncet de la Rivière, oncle de sa sœur, lui conféra le prieuré-cure de Saint-Jean de Dijon. Pendant vingt ans.
4^0 LES MUSIOSS
Pendant la troisième incarcération de M. Pioret H. de Panceinont confia la chapelle de la rue du Bac h son vicaire M. de Voisins, le fntur curé de Saint- £tienne<Klu-Mont« assisté de M. Martin Dessaubaz, ne le i4 avril 1700 en Savoie, qui avait appartenu au clergé de Saint-Sulpice comme aumônier des Petits-Ménages. Mis en prison pendant la Terreur, M. Dessaubaz était depuis 1795, attacluéà l'oratoire des Orphelines de la rue du Vieux-Colombier. Administrateur des Missions en i799f ^^ ^^ devint curé en iSoa. Quant à M. Pioret, on le nomma aumônier de la manufacture des Gobelins où il mourut en 181 2, à l'âge de 82 ans.
il mena une existence en partie double : très répandu dans le tnonde« passionné pour la cha»«e, il «e livrait à des divertissements peu compatibles avec son état ; mais d'un autre côté, il était fort bon administrateur, dirigeait d'une main ferme ses vicaire! et veillait k ce que le service ne souffrit pas de ses interminables ab»onces. Profitant de ses oonnaissances juridiques, il soutenait contre les chanoines et les religieux dont il possédait les abbayes en commende, une quantité de procès qu'il gagnait. 11 finit par résigner sa cure en 1770 en conservant seulement le prieuré de Vassy et il vint à Paris où il était» e» 178S, intendant de la Duchesse de Montmorency-Boutteville, en son hôtel de la rue Ménilmontant, singulière position pour un prêtre I
En 1793, il a dû renoncer à la vie mondaine; il loge rue de Babylone chez le menuisier Stouff et exerce son ministère dans la chapelle des Missions où se sont donné rendez-vous tous les insermentés du Faubourg Saint-Germain. C'est ainsi qu'à partir du mois d'avril 1795, il se trouve chef du culte catholique à l'oratoire des Missions.
Arrêté une première fois en 1793, Il fut remis en liberté le 9 septembre, incarcéré de nouveau le surlendemain et promené de prison en prison jusqu'au 39 décembre 1794. il fut arrêté une troisième fois le 19 septembre 1798 et c'est pendant qu'il était détenu que M. de Pancemont chargea un de ses prêtres de desservir l'église.
M. Dessaubaz ne ût que passer aux Missions ; le i4 avril i8o6, il succédait à M. Tinthoiu dans la cure des Blancs-Manteaux et, en i8i5, quand mourut l'archiprêlre de Noire-Dame, il fut nommé chanoine et curé de Notre-Dame. AlTaibli par la mailadie, il donna sa démission de curé en 1821 et resta chanoine titulaire; il ne mourut que l'année suivante, le u août^*
Six prêtres étaient employés aux Missions-Étrangères : M. François Garnier du diocèse de Meaux, mort en 1819. M. Jean-François-Marie Séguin des Hons» ancien prieur des Carmes de la place Maubert, M. Eugène-Balthazar Le }k>uHenger, autrefois prêtre habitué à Saiat-Sulpice. Les trois autres, anciens constitutionnels, étaient MM. Depery, (qui après i8i5 signait d'Épery), Guibert et Yrac-Dubuisson ; ce dernier était un génovéfain qui, après avoir été curé constitutionnel dans les Ardennes» avait desservi le sanctuaire de Notre-Dame des Anges, dans la forêt de Bondy ; dénoncé pour avoir tenu des propos inciviques, il était resté un an en prison 2 ; en 1790, il se mit à la disposition des constitutionnels et Brugière l'employa à l'oratoire des Filles-Bleues. U était rélraclé depuis quelque temps quand il fut admis dans le clergé des Missions.
A hbaye-aux-Bois,
Depuis 1800, l'Abbaye-aux-Bois, un moment fermée, avait été rouverte par M. Mireur ; elle devint en 1802
1. Ami de la Religion, V, 3G7 ek /ii8 ; XWllI, 10. •j, Arch. Nat., F^'/idSS.