Histoire de l'IIôtel-Dicu, Québec, 1878, p
I20 LEGIvISB DU CANADA
TEvêque, à Québec, le grand vicaire, à Montréal, M. Montgolfier, qui voyait avec peine s'éteindre peu à peu les prêtres de son Séminaire, sans espoir de pouvoir les remplacer, obtint de Carleton la permission de faire venir deux Sulpiciens du Séminaire de Paris, à condition, lui dit le gouverneur, qu'ils viennent « en habit séculier. » Hélas ! il n'eut pas plus tôt donné son consentement, qu'il songea à la consigne sévère qu'il avait reçue de Londres, et regretta amèrement d'y avoir manqué. Revenu à Québec, il voulut coûte que coûte retirer la permission qu'il avait donnée ; mais n'osant pas désobliger lui-même M. Montgolfier, il confia à Cramahé cette tâche ingrate -°. M. Montgolfier comprit la position du gouverneur, et l'excusa, se doutant bien qu'il n'agissait ainsi qu'à regret, et qu'il devait être très mortifié de lui causer ce chagrin. Il se décida donc à attendre quelque circonstance plus favorable et crut l'avoir trouvée dans l'automne de 1776. Il manda alors en France pour faire venir au Canada deux de ses amis le printemps suivant ''K Ce ne fut cependant qu'en 1783 que le Séminaire de Paris put lui envoyer deux prêtres. Mais à peine furent-ils arrivés à Québec, qu'ils durent repartir. Haldimand tenait alors les rênes du gouvernement canadien ; et nous verrons quels rudes procédés il employa pour les faire repasser en France. C'est un des plus fâcheux épisodes de l'époque, un de ceux qui firent le plus regretter le départ de Carleton ; car on aime à croire que le bon gouverneur eût réussi à arranger les choses d'une manière un peu plus convenable.
Dans un autre entretien, cette fois avec l'Evêque luimême, il fut question « d'une inquiétante restriction » que
20. Archiv. de l'Rv. de Q., lettre de M. Montgolfier à Mgr Briand, 6 nov. 1775.