DE DÉTROIT
PRESSART, Bailly, Demeulle, Hubert: quatre prêtres, non seulement agrégés, mais directeurs, qui quittent le Séminaire de Québec dans l'espace de deux ans, de 1776 à 177S! Quelle épreuve pour cette Institution, si nécessaire, si essentielle à notre Eglise, à l'époque, surtout, dont nous parlons !
<< On aurait bien besoin de sujets au Séminaire de Québec, écrivait M*^"" Briand à M. de Villars ^ en 1781 ; on y est à l'étroit. L'œuvre se fait, mais on est surchargé. Aucun de nos messieurs n'a de la santé. Je me porte le mieux d'entre eux'-. »
Pressart, arrivé de France en 1748'^ avec M. Lalane, est un Breton, originaire de Saoùet, dans le diocèse de Quimper. Il a toujours resté au Séminaire depuis cette date : homme vraiment supérieur, très précieux pour la maison, qui s'est accoutumée à le regarder comme un membre nécessaire ;
I. M. de Villars écrivait en 1778 au Card. Castelli : "J'ai passé douze années révolues dans le Séminaire des Missions-Etrangères de Québec, et depuis plus de vingt ans je suis chargé du soin de ses affaires en France." (Archiv. de la Propagande, 9 nov. 1778).
'. Archiv. de l'Ev. de O., lettre du 9 cet. 1781.
3. D'après les archives du Séminaire de Québec, et non en 1741 comme dit Tanguav. — Nous devons à Mgr Amédée Gosselin, Tarchiviste du Séminaire, cette rectification, et beaucoup d'autres, pour lesquelles nous le prions d'agréer notre reconnaissance.
caractère doux, humeur toujours égale* ; ayant des conuaissaacss sur tout, non seulement celles qu'on s'attend de trouver dans tout prêtre distingué, mais une foule d'autres, connaissances légales, par exemple : on sait qu'il fut un des quatre jurisconsultes ^ qui, à la demande de Murray, après la Conquête, préparèrent ce recueil des Lois françaises qu'on a appelé V Extrait des Messieiws^ qui fut d'un grand secours à notre Gouverneur anglais dans les premières années du nouveau régime : ouvrage aujourd'hui très rare. Pressart était la lumière non seulement du Séminaire, mais de tout le Clergé canadien : on s'adressait à lui de toutes les parties du diocèse, et ses décisions étaient généralement acceptées comme finales ^
Il y a quelque part, dans la correspondance de M^' Briand, une indication qui ferait croire que le Prélat, tout d'abord, avait eu quelque prévention contre lui ; mais il était devenu, par la force des choses, son homme de confiance, son homme indispensable ; il l'accompagnait dans ses visites pastorales ; il était, depuis quelques années, son vicaire général', à la satisfaction universelle. Malheureusement les hommes de ce mérite, précisément parce qu'ils se dépensent sans compter, s'usent vite. Frappé de paralysie pendant le siège de 1775, M. Pressart se fit transporter à l'Hôpital-Général aussitôt que furent ouvertes les portes de la ville. Il se remit bientôt du premier coup qui l'avait frappé, non pas entièrement, mais assez pour se rendre encore utile à l'œuvre du diocèse, comme vicaire général,