‹ L'église du Canada après la conquête (volume 3)Chapitre 134 sur 209 · Lettre d'Haldimand à Lord North, 15 juillet · texte numérisé non relu

Lettre d'Haldimand à Lord North, 15 juillet

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pour aller déposer au pied du Trône les plaintes des Canadiens et demander qu'il fût permis à notre clergé de se recruter non pas en Savoie, mais en France, le pays de nos ancêtres. La députation nommée fut bientôt prête à partir, et l'adresse au Roi signée par un grand nombre d'anciens et et de nouveaux sujets, comme on appelait alors les Anglais et les Canadiens.

Dans le magnifique mémoire qui accompagnait l'adresse ^^, il était dit qu'il y avait dans le pays cent trente mille catholiques, et environ soixante-quinze paroisses dénuées de curés.

Les députés étaient au nombre de trois : MM. Adhémar, Powell ^^ et Delisle. Ils partirent pour Londres dans l'automne de 1783, et ne revinrent qu'en 1785.

Malheureusement, aux yeux de plusieurs, surtout dans le clergé, à la question religieuse qui devait faire l'objet principal de l'adresse et du mémoire, on mêla de la politique, et l'on profita de l'occasion pour demander à la Cour un changement dans la Constitution du pays. Il y avait déjà deux partis au Canada, sans compter les nuances entre les deux : ceux qui étaient contents, en général, de l'Acte de Québec, et désiraient son maintien ; et ceux qui auraient voulu qu'outre le Conseil Législatif nommé par la Couronne, il y eût dans la Province une Assemblée élective. Tout le monde faisait des vœux pour qu'il fût permis aux Séminaires de se recruter en France : quelques personnages importants, toutefois, — M^"^ Briand luimême était du nombre— s'abstinrent de signer l'adresse, pour ne pas paraître s'inféoder à un parti politique plutôt qu'à l'autre. Nous verrons comment le Prélat sut expliquer plus tard sa conduite.

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