Les Ursulines de Q., t. III, p
256 1,'ÉGUSE DU CANADA
Mais on réussit d'uue autre manière à faire retarder un peu la nomination de M. Hubert à la coadjutorerie de Québec. Lord Sydney, alors secrétaire d'Etat, proposa à la Cour de faire nommer M. Montgolfier lui-même au lieu de M. Hubert. Qui avait suggéré ce nouveau plan? On soupçonna Haldimand, qui aurait voulu par là essayer de réparer l'injure qu'il avait faite au vénérable supérieur du Séminaire de Montréal en renvoyant honteusement en France les deux prêtres qu'il avait fait venir au Canada pour son Séminaire ^ Quoi qu'il en soit, la coadjutorerie de Québec fut offerte à M. Montgolfier par l'entremise du lieutenant-gouverneur Hamilton, qui lui écrivit à ce sujet le 30 juin 1785. Mais M. Montgolfier, presque aussi âgé que le nouvel évêque de Québec, et plus âgé que l'ancien, n'était pas homme à se prêter à une pareille intrigue. Tout en remerciant la Cour de l'offre flatteuse qu'on lui faisait, il refusa catégoriquement de l'accepter :
«Les sollicitations réitérées que j'ai déjà reçues pour accepter le fardeau de l'épiscopat, écrit-il à M. Gravé, me prouvent évidemment l'unique source de la politique; mais j'ai déjà répondu à l'un et à l'autre auteur, soit en Europe, soit en Canada ^, par une négation absolue. »
La Cour, du reste, sur l'avis de la non-acceptation de M. Montgolfier, ne fit aucune difficulté d'agréer la nomination de M. Hubert, auquel Haldimand lui-même, qui lui avait toujours été sympathique, avait rendu d'avance un excellent témoignage. Il avait écrit en effet à Lord Sydney le 11 octobre 1784:
« La personne qui se présente à mon esprit comme la plus propre pour la coadjutorerie de Québec est M. Hubert, l'un des vicaires généraux. Il a été supérieur du Séminaire