‹ L'église du Canada après la conquête (volume 3)Chapitre 170 sur 209 · Archiv. de l'Ev. de Q., Reg. D.-E · texte numérisé non relu

Archiv. de l'Ev. de Q., Reg. D.-E

curés de la campagne touchant la question importante des Permis pour vente de Boissons. Citons textuellement cette circulaire en date du 16 mars 1787 :

« Pour entrer dans les vues du gouvernement qui a sagement fait annoncer dans la Gazette de Québec qu'après le 5 avril prochain nul n'obtiendrait de licence pour vendre des liqueurs dans les paroisses des campagnes sans s'être auparavant muni de l'attestation du curé du lieu et du capitaine de milice, nous vous exhortons à faire usage de cette marque de confiance d'une manière qui réponde aux intentions qu'a le gouvernement de maintenir partout l'ordre, la paix et les bonnes inœurs.

« Vous observerez donc de ne donner cette recommandation qu'au plus petit nombre que vous pourrez, et seulement à des personnes d'une probité reconnue, chez qui vous ayez lieu d'espérer qu'il ne se passera aucun désordre occasionné par l'usnge immodéré de boissons ^'^. »

Quant aux nominatioiîs aux cures, les seules que nous trouvons enregistrées pendant la courte administration épiscopale de M^^ Desglis sont celle de François Borel, d'Avranches, à la cure de Sainte-Foy, et de Louis Payet à la cure de Saint- Antoine de Chambly. Louis Payet revenait de Détroit comme .M^*" Hubert. On se rappelle que M^"^ Briand, lors de la nomination de M^'" Desglis comme coadjuteur, lui avait accordé, pour faire honneur à sa nouvelle dignité, une redevance annuelle à prendre sur la cure de Varennes, administrée de 1773 à 1801 par le digne M. Duburon. En nommant M. Payet à la cure de Saint-Antoine, M^' Desglis lui imposa une obligation analogue : payer une pension annuelle de mille francs en argent au vieux curé qu'il remplaçait, Michel Gervaise,

I?. Mand. des Ev. de Q., t. II, p. 326.

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K mis hors de service par ses infirmités, » après trente ans de ministère dans cette paroisse.

Devenu évêque de Québec, M^"^ Desglis conserva-t-il la pension que le curé de Varennes lui payait quand il n'était que simple coadjuteur? Nous sommes porté à le croire, quoique nous n'ayons rien trouvé de précis à ce sujet. Ses besoins, au lieu de diminuer, augmentaient, précisément parce qu'il ne touchait qu'une partie des revenus qui arrivaient chaque année de France à l'Evêque de Québec. Ces revenus consistaient en seize cents francs sur l'Hôtelde- Ville de Paris, deux mille francs accordés personnellement à MS'' Briand par l'Evêque d'Orléans, et trois mille francs sur le Clergé de France. Ces trois mille francs avaient été accordés, à la demande de Canadiens influents émigrés en France après la Conquête ^*. Quelle belle pensée de leur part! Quelle précieuse marque d'attachement à leur cher Canada, qu'ils n'avaient quitté qu'à regret, quoi qu'on en dise! M^^ Desglis écrivit à Paris pour savoir si ce dernier item ne devait pas lui tevcnir à lui-même comme évêque de Québec, el il lui fut répondu qu'il était donné à M^^' Briand personnellement:

«Alors, écrivit-il à M. Lavallée, procureur de l'Evêque à Paris, puisque les trois mille francs sur le Clergé de France appartiennent à M. Briand, il est clair que je ne puis plus compter que sur les seize cents francs des aides et gabelles. . . »

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