Lettre de ^.Igr Desglis à AI. Hussey, 13 nov
fidèles de la ville et de l'île de Montréal les secours spirituels, M. Moutgolfier avait agrégé à sa communauté six jeunes Canadiens qu'on y avait élevés'^: l'un d'eux, Louis- Amable Lami-Hubert, fut ordonné prêtre le 29 avril dans l'église paroissiale de Montréal. « Mais, dit M. Faillon, c'était un bien faible secours, et l'avenir inspirait pour la religion les plus justes alarmes. En France, elle était dans un état encore plus affligeant ; car on était arrivé à cette époque lamentable qui vit crouler à la fois le trône et l'autel®...)) Mais ce qui devait causer le malheur de la France allait faire le bonheur de l'Eglise du Canada, et spécialement du Séminaire de IMontréal, par le nombre de prêtres que la Révolution allait envoyer sur nos rivages. Et voilà comment la Providence sait déjouer les calculs des hommes !
Après avoir fait la visite canonique des Communautés religieuses de Montréal, M^*' Hubert prépara son « Mandement pour la visite du diocèse », qu'il data du 19 avril ^. Il le fit en son nom : n'aurait-il pas dû le faire au nom de l'évêque de Québec, dont il n'était après tout que le coadjuteur? C'était l'opinion de M^'" Briand. Du reste, il avait soin de se dire « député spécialement par M®"" l'Evêque pour la visite du diocèse;» et il eut même l'attention d'accompagner son mandement d'une petite circulaire adressée aux curés :
«Des raisons solides, disait-il, nous engagent à vous prier
7. J. B. Marchand, Joseph Borneuf, Michel-Félicien Leclerc, Louis- Amable Lami-Hubert, Jean-Charles Bedard, Jean-André Guillimin.
(Christie, History of Loiver Canada, t. Yl, p. 46). — M. Guillimin, de Qiiébec, était fils d'André Guillimin, conseiller au Conseil Supérieur de la Nouvelle-France, un des grands propriétaires de la ville de Québec, possesseur, entre autres, de ce vaste espace appelé autrefois la place de dcbarquonent. L'abbé Guillimin avait reçu son éducation au Séminaire de Saint-Sulpice de Paris.