‹ L'église du Canada après la conquête (volume 3)Chapitre 73 sur 209 · Hist. de la Seigneurie de Lauzon, t. III, p · texte numérisé non relu

Hist. de la Seigneurie de Lauzon, t. III, p

26. Il parait qu'on n'en construisit pas moins de sept cents.

Il fallait ouvrir des chemins de communication au Fort Saint-Jean; il y avait une foule de travaux à faire: et tout cela se faisait par corvées, au grand désespoir de nos pauvres Canadiens, qui auraient préféré s'occuper de la culture de leurs terres.

Burgoyne, le favori du ministère d'alors, et de Lord Germaine, en particulier, avait reçu le commandement exclusif de l'armée. Carleton dut se contenter de l'administration civile du pays, gardant seulement trois mille hommes pour le protéger contre toute invasion et y maintenir l'ordre. Burgoyne avait environ neuf mille soldats sous ses ordres. Il n'y eut que cent cinquante Canadiens qui voulurent prendre part à cette expédition. Les habitants en général avaient décidé de garder une stricte neutralité ; et rien ne put les ébranler dans cette résolution, pas même les appels de la France, ceux du comte d'Estaing, en particulier. La France, en effet, venait d'embrasser la cause de l'Indépendance américaine ; et si l'on en croit l'annaliste des Ursulines, « l'espoir de retourner à la France s'était réveillé au fond des cœurs Canadiens, à l'intervention de notre ancienne mère patrie dans les affaires d'Amérique '^^. » Nous croyons, cependant, avec Garneau, que les appels de la France « n'eurent aucun écho dans les chaumières canadiennes ^^ » Rien n'indique, du reste, que M^*" Briand soit intervenu, cette fois, pour engager les Canadiens à s'enrôler dans les troupes de Burgoyne et à prendre part à son expédition.

Nous n'avons rien trouvé, non plus, dans les documents, qui implique le clergé canadien dans une intervention quelconque en faveur de la France. Haldimand fit beaucoup d'in-

27. Les L'rsiiliiics de Québec, t. III, p. 156. jS. Hist. du Canada, t. III, p. 29.

sinuations -^, mais se garda bien de les appuyer sur des faits. Au contraire, écrivant un jour à M^' Briand, il lui dit : « Je connais très bien la bonne conduite du Clergé du Canada envers le Gouvernement ^°. » S'il y eut des curés qui firent du zèle, comme Porlier, par exemple, à Saint-Ours, Martel à Sorel, Saint-Onge aux Trois-Rivières, ce fut en faveur de l'Angleterre.

Dans une lettre en date du 12 juin 1777, M. Montgolfier informait M^^ Briand que les troupes de Burgoyne allaient bientôt se mettre en marche :

K Des missionnaires, ajoutait-il, accompagnent tous les détachements canadiens. »

De ces missionnaires, nous n'en connaissons qu'un, Jean MacKenna, prêtre irlandais, récemment arrivé d'Irlande ^^ Il accompagnait le corps expéditionnaire, qui devait, sous les ordres du colonel Saint-Léger, faire une diversion pour dérouter l'ennemi, se rendre au Fort Stanwix, en passant par Oswégo, s'emparer de ce Fort, pour aller rejoindre l'armée du général Burgoyne du côté d'Albany.

MacKenna ^- était un prêtre du diocèse de Meath, venu au Canada avec d'excellentes lettres de recommandation de son évêque, et les plus amples pouvoirs de la Propagande :

« Il m'a paru, disait l'Evêque de Meath, d'une vie éprouvée, d'excellentes mœurs, d'une doctrine saine, et je n'ai pas hésité à lui donner de grands pouvoirs dans mon diocèse, où il a desservi les Ecossais, les Irlandais, les Anglais,

29. Archiv. du Canada, B. 55, passim, lettres de Haldimand à Germaine, 14 sept. 1779, 25 oct. 1780, 5 juillet 1781.

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