Documents Constitutionnels, p
c'était pour témoigner l'intérêt qu'il portait à leurs œuvres de charité et de bienfaisance. L'annaliste des Ursulines ne cesse de faire son éloge. Voici ce qu'elle écrit, par exemple, à l'occasion de son départ:
« Il a montré bien de la conduite, de la prudence et de la grandeur d'âme dans les circonstances critiques où il s'est trouvé. Sa bonté pour le peuple à été constante ; mais ce qui l'a rendu surtout cher à ce pays, ce sont les bons procédés dont il a usé à l'égard de Monseigneur et du Clergé, ne leur ayant fait aucune peine au sujet de la religion ^". »
L'historien distingué de l'Hôtel-Dieu, l'abbé Casgraiu, parlant de Carleton, ne craint pas de l'appeler « le plus habile homme d'Etat que la Grande-Bretagne ait eu dans cette colonie. Par sa prudence et son esprit conciliant à l'égard des Canadiens, ajoute-t-il, il valut à l'Angleterre plus qu'une armée, et l'on peut dire que si Wolfe a conquis le Canada, c'est Carleton qui l'a conservé. Nommé gouverneur du pays à quatre époques différentes ^^, il y a laissé une réputation que le temps n'a pas fait oublier ^^. »
Nous avons vu que d'après les Instructions Royales données à Carleton, l'Evêque ne pouvait nommer aux Cures que des « Canadiens de naissance. » Sur ce point, le gouvernement anglais était d'une intransigeance absolue. Les prêtres français étaient impitoyablement exclus du pays ; on ne tolérait que ceux qui y étaient déjà. Et cependant, dans un de ces entretiens familiers que le bon Gouverneur aimait à avoir avec les chefs de notre Eglise,