Constitutional Documents, t. I, p
2. Le "Pacte de famille" était un traité conclu par Choiseul, en 1761, entre les Bourbons de France, d'Espagne et de Naples pour se protéger contre la puissance navale de l'Angleterre.
de Québec. Cette juridiction continuait de s'étendre sur toutes les anciennes possessions de la France en Amérique, et par conséquent sur la Louisiane, tant que Rome n'y aurait pas fait de changement. Cette responsabilité effrayait M51" Briand. Il voulait absolument se décharger du fardeau de la Louisiane. Il écrivit et fit écrire à Rome à ce sujet ; mais il n'y avait encore rien de décidé en 1777:
" Vous avez raison, écrivait-il à cette date au P. Meurin, ma démission n'est point encore juridique. J'ai écrit seulement au Pape que je ne pouvais répondre de cette partie éloignée, où je ne pouvais plus avoir de grand vicaire en France. " Et il ajoutait : " Si les Jésuites n'avaient pas été abolis, je ne me serais pas ainsi déchargé. Mais quelle ressource, tranquillisant la conscience, pouvais-je me promettre en ces Pères Capucins, dont tous mes prédécesseurs, depuis plus de 38 ans, sont mécontents? "
" Au delà d'une certaine limite, écrit un ancien évêque de l'Orégon, l'action de l'évêque est bien plus nominale qu'effective." Puis il ajoute: "Toutefois, la force du principe hiérarchique est si grande que, sous certains rapports, ces limites ont été inconnues au glorieux Evêché de Québec. Grâce à son clergé local, même dans un temps où les secours étrangers étaient devenus si rares, il sut allumer ou entretenir le flambeau de la foi dans les immenses possessions anglaises, sur une traversée de deux mille lieues, s'étendant de l'Atlantique à la Mer Pacifique. A l'est, il sut fournir et soutenir, par la charité des fidèles, des missionnaires au Cap-Breton, à l'île du Prince-Edouard, aux provinces de la Nouvelle- Ecosse et du Nouveau-Brunswick, aux missions de la Baiedes-Chaleurs et dans tout le Bas-Canada. Dans l'ouest, il envoya ses prêtres et ses évêques dans le Haut-Canada, à la Rivière-Rouge, et jusque sur nos lointaines plages de l'Orégon. "
Ah, que d'endroits de l'Amérique anglaise d'aujourd'hui,
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où l'on semble avoir complètement oublié, si on Ta jamais sue, cette action éminemment bienfaisante et civilisatrice de notre Eglise canadienne- française!
Un moment, M61" Briand pensa sérieusement à se rendre à la Louisiane : sa résolution était prise ; et voici à quelle occasion :
Il reçut en 1772 "l'ordre du Souverain Pontife d'aller dans les colonies américaines de la Nouvelle- Angleterre pour y donner la confirmation aux catholiques 3 ". . . Le vicaire apostolique de Londres, chargé de ces colonies, avait songé à y aller lui-même quelques années auparavant, mais avait dû renoncer à son projet, sur les mauvaises nouvelles qu'il en avait reçues. M81- Briand pria le Père Well, alors missionnaire à Mascouche, de se mettre en rapport avec les Jésuites qui desservaient le Maryland et la Pensylvanie, et de s'assurer s'il y avait possibilité de faire le voyage avec quelque chance de succès. La réponse fut des moins rassurantes : la religion catholique n'était que tolérée au Maryland et en Pensylvanie ; et encore avec quelles restrictions !
" L'arrivée ici d'un évêque, disait le Père Farmer 4, occasionnera de grands troubles, et mettra en danger les privilèges, si petits qu'ils soient, dont nous jouissons, surtout au Maryland, où l'exercice, même privé, de la religion n'est fondé sur aucun droit. " Et il ajoutait, pour mettre encore mieux en relief l'esprit vraiment diabolique des sectaires:
" On n'a pas d'idée de la haine que portent les Américains non-catholiques au nom seul d'évêque. Ils ont été indignés de ce que l'on en a accordé un aux Canadiens, et ils ont mis des obstacles invincibles à l'envoi en Amérique d'un évêque anglican B. "