‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 186 sur 220 · Lettre du 1er mars · texte numérisé non relu

Lettre du 1er mars

suit et prend possession de la cure Sainte-Geneviève. Gibault est tenté de suivre son exemple. Mais avant de le faire, il veut tenter un dernier effort pour retourner dans son pays natal. Mais à qui s'adresser? Au nouvel évêque de Québec, Mgr Hubert, qui fut autrefois son visiteur et la cause de son interdiction? Quoi qu'il lui en coûte, il se décide à lui écrire une lettre suppliante. Hélas ! il ne tarde pas à apprendre que la porte du Canada lui est fermée pour toujours. L'Evêque de Québec écrivant au Préfet apostolique de Baltimore sur le compte de ce pauvre Gibault :

" J'ai reçu de lui, cette année, dit-il, une lettre par laquelle il demande à revenir dans la Province de Québec. Après les idées désavantageuses qu'a conçues de lui le gouvernement, je ne puis prudemment consentir à son retour 3T. "

Se voyant exclu à tout jamais du Canada, Gibault se décide à suivre ses Canadiens de l'autre côté du Mississipi, à un endroit appelé Nouvelle-Madrid. Que devint-il ensuite? et quelle fut sa fin? La plus grande incertitude règne à son sujet.

Pour nous, jamais carrière ne nous a paru plus lamentable que celle de cet ecclésiastique malheureux, qui, après avoir été longtemps grand vicaire de son évêque dans une mission si lointaine et si pénible, perd peu à peu sa confiance, par sa faute, par son manque de vigilance, jusqu'à être interdit. Tout lui sourit, au début de sa carrière, il est le favori de son évêque, de ses directeurs du Séminaire, il est aimé, estimé, respecté. Mais le voilà qui chancelle sur la route, il se laisse choir; il se relève, mais il n'a plus la vaillance d'autrefois. Il voudrait retourner dans son pays natal: la porte lui en est fermée. . . Bientôt il disparaît ; on ne sait ce qu'il est devenu, ni comment il a fini. C'est un peu — si parva licet compon-ere magnis — l'histoire de Salomon, qui, après

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