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Reg. du Chap., assemblée du 30 sept

la disposition de M. Resche, et de M. Récher, curé de Québec, " pour y faire leur demeure ". C'est aussi aux Ursulines, " dans une voûte ", que les archives du Chapitre ont été déposées, dès le commencement du siège de la ville; et leur église a été désignée, également, comme " église paroissiale et canoniale", dès le mois d'octobre 1759.

M. Briand, prenant la parole, rappelle d'abord à ses confrères la prorogation de pouvoirs que lui a accordée Mgr de Pontbriand pour la vacance du siège épiscopal, à cause des circonstances :

" Mais, ajoute-t-il, il m'est parvenu, par voie confuse, qu'on doute, dans les parties supérieures de la colonie, de la validité des nominations de grands vicaires faites par le feu sieur Evêque. Remédions au plus tôt aux inconvénients qui pourraient naître de cette incertitude. Impossible de convoquer MM. Gaillard, Perreault et Saint-Onge: toute communication avec eux nous est interdite par le gouvernement anglais sous les plus grièves peines. Mais nous sommes ici, sans eux, la majorité des chanoines présents au Canada, donc en nombre suffisant pour nommer validement les grands vicaires du Chapitre. Je propose que nous procédions sans délai à cette nomination, quitte à la faire ratifier plus tard, si nous pouvons nous mettre au complet. "

La proposition de M. Briand est agréée à l'unanimité; et le digne chanoine s'étant réservé à jeun, on se rend à l'église, où il célèbre la messe du Saint-Esprit, avec Gloria et Credo, " comme pour chose grave ". On récite le Veni Creator; puis en retourne à la salle capitulaire; et, sur la proposition de M. Resche, syndic du Chapitre, on élit " vicaires généraux du diocèse MM. Briand, Perreault et Montgolfier, M. Briand spécialement chargé de la partie dépendante du gouvernement anglais, M. Perreault spécialement chargé du gouvernement des T rois-Rivières et de la partie de Québec encore soumise aux Français, M. Montgolfier, du gouvernement de

Montréal et de tous les Forts et Postes qui sont dans la partie supérieure de cette colonie ". M. Maillard est nommé " grand vicaire de l'Acadie, Ile-Royale, Ile Saint-Jean et pays adjacents, M. Forget pour les Illinois, et le P. Beaudouin, jésuite 8, pour la Louisiane et pays en dépendants ".

Pour se conformer aux sages et touchants conseils, quasi testamentaires, de Mgr de Pontbriand 9, l'assemblée décide qu'elle ne nommera ni officiai, ni promoteur, ni autres officiers " nécessaires à l'exercice de la juridiction ecclésiastique contentieuse ". Elle est " persuadée que la prudence des grands vicaires leur fera prendre tous les moyens de pacifier les affaires de telle sorte, qu'il ne sera point nécessaire de recourir au for extérieur et contentieux 10 ".

C'était la première assemblée capitulaire sous le régime anglais. La dernière qui avait eu lieu sous le régime français datait du 30 juin 1759.

Dans une assemblée subséquente, tenue le 23 septembre 1760 "chez M. Poulin, président, dans une chambre de THôtel-Dieu de Québec où il demeurait xl ", le Chapitre nomma grand vicaire M. l'abbé de l'Ile-Dieu, " résidant à Paris, pour les parties de la Louisiane et Mississipi ".

La capitulation de Montréal avait eu lieu le 8 septembre précédent. Tout le pays appartenait désormais aux Anglais,. et rien n'empêchait que tous les chanoines résidant au Canada pussent se réunir. Ils le firent en effet le 30 septembre 1761, et l'assemblée eut lieu, cette fois, à l'Hôpital-Général, " dans la chambre du chapelain ", M. de Rigauville. Elle

8. Archiv. de l'Ev. de Q., lettre de Benoit XIV à l'abbé de l'Ile-Dieu. Permis à l'Evêque de Québec de nommer grand vicaire le Supérieur des Jésuites de la Nouvelle-Orléans, "pour exercer la juridiction sur les Capucins ". . .

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