Session XXIV, De Reformatione, chap. XVI
13. Lettre de l'abbé de l'Ile-Dieu au Card. Préfet de la Propagande, 12 nov. 1764, citée dans les Recherches historiques, vol. XV, p. 355-
8 i/ÉGUSE DU CANADA
du Pape à Paris, il est appelé expressément " premier grand vicaire, sede vacante 14. Même titre : " premier grand vicaire du diocèse ", dans les Informations canoniques présentées à Rome lors de sa nomination à l'épiscopat 15. Les autres grands vicaires, Montgolfier à Montréal, Perreault aux Trois-Rivières, font des mandements pour leur district respectif 16 ; mais ils les soumettent tout d'abord à Briand : " Je joins ici une copie du mandement que je vais faire publier pour le Carême dans ce gouvernement, " lui écrit M. Montgolfier 17. Ils ont en lui une confiance sans borne, et le reconnaissent évidemment comme leur supérieur; nous en trouvons mille preuves dans les archives : en voici une entre autres : M. Montgolfier lui écrivant un jour pour des affaires de mariage : " J'attendrai de vous, monsieur, des règles de conduite, dit-il. s'il arrivait que les choses fussent poussées plus avant 1S. " Ce n'est que par humilité, par condescendance et par prudence que Briand ne se prévaut jamais de sa qualité de premier grand vicaire : à vrai dire, le titre de vicaire capitulaire n'apparaît pas même dans les archives de l'époque.
Arrivé au Canada en même temps que Mgr de Pontbriand, il servait l'Eglise de Québec depuis dix-neuf ans avec un dévouement inlassable et un désintéressement parfait. Il avait toujours été le bras droit, l'homme de confiance, le véritable grand vicaire de son évêque, sans en avoir le titre : il s'était toujours effacé, et semblait avoir pris pour devise : Ama nesciri et pro nihilo reputari. D'une grande timidité
14. Archiv. de l'Ev. de Q., Reg. D. E., lettre du 2 janvier 1785.
15. Archives du Séminaire de Québec, Informations canoniques sur Mgr Briand, nommé à l'Evêché de Québec, Paris 11 février 1766.