Mandements des Evêques de Québec, t. II, p
la circonstance présente, c’est d'amener les peuples à respecter et à écouter leurs curés :
« Combien de désohéissances aux pasteurs, dit-il, combien d’outrages, combien d'insultes méprisantes pour leurs personnes sacrées! Faut-il s'étonner si le diocèse perd tous les jours tant de prêtres fervents et zélés? C’est, n’en doutez pas, le châtiment du peu de cas que vous en faites, du peu de respect, du peu de docilité que vous avez pour eux, et c’est, Nos Très Chers Frères, le châtiment que Dieu a coutume d’exercer dans sa grande colère :
« J’enverrai, dit-il, sur la terre, une grande famine, non « pas de pain, maïs de la parole de Dieu; je ne vous enver- « tai plus de prophètes pour l’annoncer ..?»
Quel courage ne faut-il pas de la part du bon et pieux Prélat pour entreprendre sa visite pastorale dans les circonstances malheureuses où se trouve son diocèse! Au moment même où il publie son mandement pour sa troisième visite, l'ennemi a déjà pénétré dans le pays, du côté de Montréal. Ici, du côté de Québec, tout est encore tranquille; mais qui peut dire dans quel état sera cette partie du diocèse lorsqu’il se mettra en route le 24 juin pour parcourir les paroisses de la côte sud, à partir de la Pointe-de- Lévi jusqu’à Cacouna inclusivement ?
Et puis, quel accueil va-t-on lui faire dans nos campagnes, où les esprits sont en ébullition? Déjà on a dit « mille pauvretés » sur son compte et sur son mandement relatif à l'Invasion américaine, parce que dans ce mandement il exhorte les fidèles «à repousser l'ennemi, et à empêcher l'invasion dont la Province est menacée.» Que ne dira-ton pas, maintenant que le Gouverneur, faute de troupes régulières suffisantes, — on lui a enlevé presque tout ce qu’il en avait, pour l'envoyer à New-Vork et à Boston —