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Il était veuf de Marie-Anne Sénécal

donner plusieurs fois par année la Bénédiction papale. L'Evêque de Québec écrivit à M. Hussey le 20 octobre :

« J'ai reçu dernièrement vos deux lettres, l’une du 5 juin, l'autre du 4 juillet. Les pouvoirs et Indulgences que vous aviez eu la bonté de demander pour moi au Saint-Siège me sont parvenus par la voie de France, sans que je puisse voir ce qui a induit le cardinal Antonelli à en agir de la sorte.

«La nomination d’un évêque protestant! à Halifax, ajoute-t-il, est un vrai malheur pour notre religion. Je crois comme vous que nous devons être continuellement sur nos gardes, le gouvernement paraissant regarder les catholiques d’un œil mécontent...

« Mon Coadjuteur, depuis son sacre, a commencé la visite de ce diocèse, et a remarqué dans les peuples beaucoup d'attachement à la religion. Il a déjà confirmé dix mille personnes... »

Nous parlerons de cette visite pastorale dans un prochain chapitre.

En attendant, signalons quelques actes d'administration épiscopale qui précédèrent cette visite. Dès le 17 avril 1785, nous voyons M£#* Desglis adresser, de Saint-Pierre, un mandement aux habitants de la Baie-du-Febvre, ou Baïe Saint-Antoine, au sujet d’une église à bâtir, et de la place où il fallait la bâtir. ME" Briand avait déjà écrit, l’année précédente, au grand vicaire Saint-Onge à ce sujet :

« Les habitants de la Baie du-Febvre, disait-il, ayant à leur tête un nommé Joseph Despins, leur seigneur, que je ne connais pas, nous ont fait présenter une requête par laquelle ils demandent à bâtir une église... au pied d’une

11. Le premier évêque anglican de la Nouvelle-Ecosse, Charles .Inglis, nommé par le Roi le rer août 1787, avait juridiction sur les autres provinces de l'Amérique du Nord. (Documents constitutionnels (1791- 1818), p. 45).—Le premier évêque anglican de Québec fut Jacob Mountain, nommé en 1703. (1bid., p. 163).

côte, où elle serait trop exposée aux inondations du printemps...

«Les honorables Juges de Montréal sont en tournée. Informez M. de Rouville de cette affaire, afin qu'il ne se laisse pas surprendre par les artifices de ces gens-là. »

Dans son mandement du 11 avril 1785, M# Desglis reprochait aux habitants de la Baie «les troubles affreux, les divisions intestines, le défaut d’obéissance et de religion qui désolaient » leur paroisse :

« Auraïit-on cru, disait-il, qu’une poignée d'habitants, la plupart sans éducation, osassent porter l’irréligion jusqu’à scandaliser tout un diocèse par une opposition manifeste aux ordonnances de deux évêques ?

« Nous nous proposons de visiter par nous-même ou par un député, dans la belle saison, la Baie Saint-Antoine, pour y désigner un lieu propre à la bâtisse d’une église paroissiale...»

Ce fut le Coadjuteur nommé, non encore consacré, qui fit, dans le cours de l’hiver, le voyage de la Baïie-du-Febvre II réussit si bien à arranger les choses, et à concilier les habitants entre eux, que devenu évêque consacré il crut devoir leur adresser une lettre pastorale pour les féliciter du bon esprit qui régnait maintenant parmi eux. Il leur rappelle la visite qu’il a faite dans leur paroisse. Il est heureux de voir la paix y régner aujourd’hui, «cette paix, dit-il, si commune entre les premiers chrétiens, et si rare de nos jours.» Il les invite à remercier Dieu de leur avoir donné comme curé, dans la personne de M. Pierre-Victor Archambault, «un prêtre selon son cœur.» Evitez les procès, dit-il; «pour moi, j'en ai une horreur extrême. » Enfin il les félicite d’avoir en si peu de temps bâti un si beau presbytère: ils n’ont plus qu’à le payer: qu’ils prennent pour cela les moyens dont ils sont «convenus dans l'assemblée du 29 novembre dernier. »

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Me Hubert était un homme d’ordre par excellence. En 1786, on le voit, en attendant sa consécration épiscopale, insérer dans les Registres plusieurs anciennes ordonnances des Rois, des Intendants, du Conseil Supérieur de Québec, au sujet des droits honorifiques des seigneurs, des co-sei-

gneurs, et des capitaines de milices, dans l’église.

La question des droits et des distinctions honorifiques dans l'église était à l’ordre du jour: ne l’a-t-elle pas toujours été plus ou moins? Un certain Juge ayant demandé qu’on lui accordât un banc dans l’église paroissiale de Montréal, le banc lui fut accordé. Mais depuis ce temps, entre autres distinctions, il demandait que les quêteuses, pendant la grand’messe, lui fissent, à lui le premier, la révérence. M£" Briand lui répond finement :

«Je ne suis point fâché qu’on vous ait donné le banc. Mais vous ne devez pas le quitter, ni soustraire votre présence à l'office divin et à l'édification publique. Les honneurs rendus par ordre du Roi de France ne regardent que le pain bénit, les cierges, les rameaux, les cendres, les processions, l’eau bénite pour les seigneurs, et les bancs. Je w’ai rien vu à l'égard des quêteuses; et je ne pense pas qu’il y ait rien de décidé là-dessus: et en effet c’est un mince honneur que de recevoir le premier sa révérence...»

En 1787, à la date du 25 mars, M® Hubert fait une autre entrée dans les cahiers de l'évêché: il enregistre une ordonnance de l’année 1700, trouvée dans les archives du Séminaire, et qui paraît avoir été portée par le Conseil Supérieur de Québec, touchant l'élection des marguilliers. D’après cette ordonnance, l'élection doit se faire à haute voix; et le curé qui préside n’a pas double vote *, 6

Le dernier acte épiscopal du Coadjuteur avant de partir pour la visite pastorale est l'envoi d’une circulaire aux

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