Aujourd'hui, l'Ile du Prince-Edouard
fleuve soit interrompue. C'est un brave homme, et un bon marin.
« L'arrivée de ces troupes, quoique en petit nombre, a fait sensation dans la ville. Je ne doute point qu’elle n’en fasse dans les campagnes. Nous ne savons encore rien de plus ce matin des Bostonnais de la Beauce 1,»
Notre gouverneur travaille à se pourvoir. M£' Briand écrivant cela le 5.novembre, il ne peut s’agir ici de Carleton, qui n’arriva à Québec que le 13, mais de son remplaçant, le lieutenant-gouverneur Cramahé, membre du nouveau Conseil Lécislatif, qui, «livré à ses plaisirs 1,» ne pouvait mériter que d’une manière ironique la mention que faisait M£' Briand de son «travail . »
Carleton arrive, et se met tout de suite à l’œuvre si importante de l’approvisionnement de la ville. Les habitants des campagnes n’y apportent plus leurs denrées; ils préfèrent les vendre à l’ennemi, et semblent vouloir «affamer Québec pour l’obliger à se rendre.» Il y a dans le port quelques vaisseaux en partance pour Londres, chargés de blé et autres provisions. Par une résolution énergique, le Gouverneur met l’embargo sur ces vaisseaux, et achète leur cargaison avec l'argent qu’il vient de recevoir. Voilà Québec approvisionné pour huit mois, mais à condition qu’il n’y reste aucune bouche inutile, ni surtout aucune bouche dangereuse : les traîtres ne manquent pas à Québec, pas plus qu’à Montréal. Carleton à l’exemple de Cicéron, qui, dès le commencement de son consulat, fit sortir de Rome Catilina et ses dangereux adeptes, lance une proclamation obligeant de quitter la ,ille tous ceux qui refusent
17. Archiv. de l’'Ev. de Q., Reg. IIT des lettres, p. 552, lettre de Mgr Briand à M. Montgolfier, 5 et. 6 nov. 1775.