‹ L'eglise du CanadaChapitre 4 sur 197 · Constitutional Documents, p · texte numérisé non relu

Constitutional Documents, p

3. Haldimand prétend dans une de ses lettres que “le cri de la populace, à Philadelphie, en 1782, était: “ Paix avec l’Angleterre ! Dieu damne les Français!” (Archives d'Ottawa, Collection Haldimand, B. 130, lettre à Riedesel, 8 juillet, 1782).

4. Ibid, B. 122, p. 161, lettre de M. Monforton, à Détroit, à M. Cerré, aux Illinois, 22 sept. 1778.— Monforton était un Canadien, notaire sous le régime français. En 1770, il reçut üne commission de Juge de Paix, signée par Haldimand, gouverneur général du Canada, (Silas Farmer, History of Détroit, p. 174).

singulière et la douceur avec laquelle nous avons été gouvernés de la part de Sa Très-Gracieuse Majesté le Roi George III, depuis que, par le sort des armes, nous avons été soumis à son empire; les faveurs récentes dont il vient de nous combler 5, en nous rendant l’usage de nos lois, le libre exercice de notre religion, et en nous faisant participer à tous les privilèges et avantages des sujets britanniques, suffiraient sans doute pour exciter votre reconnais. sance et votre zèle à soutenir les intérêts de la Couronne de la Grande-Bretagne. Maïs des motifs encore plus pressants doivent parler à votre cœur dans le moment présent. Vos serments f, votre religion, vous imposent une obliga. tion indispensable de défendre de tout votre pouvoir votre Patrie et votre Roi. Fermez donc, chers Canadiens, les oreilles, et n’écoutez pas les séditieux qui cherchent à vous rendre malheureux, et à étouffer dans vos cœurs les sentiments de soumission à vos légitimes supérieurs, que l'éducation et la religion y avaient gravés. Portez-vous avec joie à tout ce qui vous sera commandé de la part d’un Gouverneur bienfaisant, qui n’a d’autres vues que vos intérets et votre bonheur.

« Il ne s’agit pas de porter la guerre dans les provinces

3. Par l’Acte de Québec de 1774. (Constitutional Documents, p. 401).

6. Il y a aux archives une foule de documents qui prouvent que le serment d’allégeance fut prêté par tous les habitants, de paroisse en paroisse, à la fin de 1759 et en 1760. On les faisait assembler au presbytère, ou à la porte de l’église: ils formaient un cercle, levaient la main droite, prononçaient chacun leur nom, et disaient :

“ Je promets et jure devant Dieu solennellement que je serai fidèle à Sa Majesté Britannique, le Roi George second, que je ne porterai point les armes contre lui, et que je ne donnerai aucun avertissement à ses ennemis qui lui puisse en aucune manière nuire. ”

Le capitaine Leslie et John Montrésor, entre autres, furent chargés de cette besogne. (Archiv. du Canada, Murray Papers, vol. T, Letters Book, 1759-1760, p. 15)—Knox’s Journal, 23 juillet 1760.—New-York Historical Society Collections, 1881, p. 163, John Montrésor’s Scout in

1759, nov. 30.).

éloignées 7; on vous demande seulement un coup de main pour repousser l'ennemi, et empêcher l’invasion dont cette Province est menacée. La voix de la religion et celle de vos intérêts se trouvent ici rénnies, et nous assurent de votre zèle à défendre nos frontières et nos possessions. »

Ce mandement si court, mais si ferme et si clair, si conforme aux principes d'ordre et d’autorité, qui dit tout ce qu’il faut dire, et rien de plus, n’est-il pas propre à faire baisser le ton de certains écrivains, même religieux, qui paraissent trop portés à exalter les débuts de la Révolution américaine ? Leur récit commence invariablement par cette antienne de commande, ou quelque chose d’équivalent : « Les colonies de la Nouvelle-Angleterre résolurent de secouer définitivement le joug de la métropole qui les oppressait de plus en plus par ses lois sur le commerce 5... » Comme s’il suffisait, en morale, d'une oppression de ce genre, même si elle était bien prouvée, pour justifier l’insurrection d’un peuple! Les premiers chrétiens étaient autrement opprimés par le gouvernement des Tibère et des Néron: et cependant ne leur était-il pas recommandé d’obéir même à ces princes injustes? Que sont pour M# Briand — qui les connaît bien — ces Américains de Boston, si pleins de morgue et desuffisance, qui viennent d’envahir le Canada? « Une troupe de sujets révoltés contre leur légitime souverain, qui est en même temps le nôtre. » Aux yeux de notre Prélat, ils sont sujets de la Grande-Bretagne comme nous le sommes nous-mêmes, quoique à des titres différents : nous le sommes « par le sort des armes, » par droit de conquête, en vertu des capitulations et des traités; eux le sont, et depuis bien plus longtemps que

7. Comme cela se fit deux ans plus tard, en 1777; mais alors Mer Briand ne fit aucun appel aux Canadiens pour prendre part à l’expédition de Burgoyne.

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