Xpurrov dit dwairviiTt
porte mon corps en Égypte, de peur qu'on ne le garde dans des maisons particulières, comme c est la coutume : car vous savez combien j'ai blâmé souvent ceux qui font ainsi, et combien je les ai détournés de cette habitude 1 . Ensevelissez donc mon corps, et cachez-le sous la terre, et que personne que vous seuls ne connaisse le lieu de ma sépulture. Au jour du jugement, le Sauveur me rendra celte chair devenue incorruptible. Distribuez ainsi mes vêtemenls : donnez une de mes tuniques de poil de chèvre à l'évêque Alhanase; joignez-y mon manteau, qu'il m'a lui-même donné quand il était neuf, et que je lui rends tout usé. Mon autre tunique est pour l'évèque Sérapion : pour vous, gardez ma chemise de crin. Et puis, salut, mes enfants! Antoine vous quitte, et ne demeurera plus avec vous 2. »
Quand les disciples du saint vinrent à Alexandrie, pour s'acquitter du legs modeste dont ils étaient chargés, ils y trouvèrent tout en rumeur et les choses poussées enfin aux dernières extrémités. Le duc Syrien, soit qu'il eut reçu des ordres secrels, soit que la crainte de mécontenter Constance par ses hésitations, l'emportât sur celle de se compromettre par des violences, avait enfin pris son parti, et, joignant la mauvaise foi à la cruauté, il avait rompu la trêve sans prévenir. Le ven-
1. S. Athanase explique quelques lignes plus haut que cette coutume de garder les morts sans les enterrer, en les embaumant, afln de leur témoigner un respect superstitieux, déplaisait beaucoup à saint Antoine, et que ce fut sa raison principale pour aller mourir au désert.