‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 132 sur 297 · S. Amb., Op., t. ii, p. m et · texte numérisé non relu

S. Amb., Op., t. ii, p. m et

placée: « Voilà une belle sculpture, dit— il ; pour ceci, je puis le faire copier, et je le ferai. — Prenez garde, seigneur, lui dit Hormisdas, avant de faire venir le cheval, il faudrait avoir bâti l'écurie. — Et que pensez-vous de tout ce que nous voyons, disait-il à ce même interlocuteur, à la fin d'une de ces fatigantes excursions? — Quel dommage , reprit le prince proscrit avec une nuance de mélancolie, qu'on meure ici comme ailleurs1 ! »

Pendant que ces visites faites de bonne grâce aux monuments de la vieille Rome rassuraient les païens sur les desseins immédiats de l'empereur, d'autres victimes plus intéressantes de son despotisme s'assemblaient secrètement dans la ville, pour aviser aux moyens de tirer parti de sa présence. Celaient les chrétiens restés fidèlement attachés à leur pontife proscrit. Le nombre en était très-grand, et à leur tète figuraient beaucoup de dames de distinction, femmes de

1. Amm. Marc., ibid. — Le texte de la phrase d*Hormisdas porte: id tantum sibi placuisse aiebat, quod didicisset ibi quoque homines mon. Mais la phrase ainsi faite exprime un sentiment d'une amertume vraiment excessive. En substituant, comme le propose Valois dans sa note, et comme Gibbon s'y est décidé, le mot displicuisse à placuisse, on arrive au même sens, mais sous une forme plus adoucie et plus élégante. Quant à la bienveillance avec laquelle Constance visita les temples païens, la lettre de Symmaque à l'empereur Valentinien ne laisse sur ce point aucun doute : Per omnes vias urbil œternœ hetum sequutus senatum. vidit placido ore delubra, legit in. scripta lastigiis deorum nomina, percontatns est templorum origines, miratus est conditores.... Symmaque ajoute qu'il ne refusa pas d€ pourvoir aux dépenses des cérémonies des Romains, et nomma def nobles au sacerdoce (S. Amb., Op., t. 11, p. 19). Si l'on n'avait pal d'autre témoignage, celui-ci suffirait pour infirmer les deux lois discutées plus haut.

sénateurs ou de hauts dignitaires. Elles pressaient sans relâche leurs maris d'aller trouver l'empereur et d'obtenir de lui le retour de l'évêque. « Si vous n'en venez pas à bout, disaient-elles, nous quitterons la ville et nous irons retrouver cet auguste et cher exilé. »Les hommes, p\us intimidés ou moins zélés, étaient difficiles à déterminer. « Allez-y vous-mêmes, finirent-ils par dire : à nous autres, Constance ne pardonnerait pas une démarche qui lui déplairait; mais il ne voudra pas sévir contre des femmes : il vous accordera ce que vous demandez, ou du moins il vous renverra sans vous maltraiter. » À la réflexion l'avis parut bon, et les dames chrétiennes se décidèrent à se rendre en pompe, et parées de leurs plus beaux ornements, au palais de l'empereur. En voyant entrer dans la cour de son palais ces matrones , dont il n'eut pas de peine à reconnaître la qualité, l'empereur ordonna qu'on les introduisit, et il leur fit très-bon accueil. « Seigneur, lui dirent-elles, en se jetant à ses pieds, prenez pitié de cette grande ville privée de son pasteur et exposée à l'invasion des loups ravissants. — De quoi vous plaignez-vous, reprit l'empereur? Vous avez un évèque tout à fait en état de remplir sa charge. » Les dames lui représentèrent que Félix n'était qu'un intrus dont les bons chrétiens fuyaient la communion

Le favorable accueil de la ville, le plaisir qu'il prenait à s'y trouver, avaient mis l'empereur en veine de

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