Ib., 1. n, passim
qu'on en peut saisir le fil, une double comparaison, d'une part entre le dieu des philosophes et le dieu de Moïse, et de l'autre, entre Moïse et Jésus-Christ. Comparé aux grands métaphysiciens de la Grèce, Moïse n'est qu'un esprit borné et un moraliste imparfait. Son idée de la divinité est médiocre et subalterne. Le dieu dont il a fait le maître du monde n'est qu'un être très-limité en puissance, qui n'accomplit même jamais tout ce qu'il veut. Il donne, par exemple, une compagne à l'homme pour lui servir d'appui, et cette compagne le perd 1 ; il refuse à l'homme la connaissance du bien et du mal, et un serpent la lui donne*. Il a toutes les passions des hommes, la jalousie, la colère, la pitié3. Dans sa vie, Moïse a été un maître souvent cruel 4, qui n'a rien fait pour ses concitoyens de comparable aux travaux des héros de la Grèce, d'Esculape par exemple, ou de Minos*. Les héros de la Bible sont très-inférieurs à ceux de la Grèce. Qui oserait comparer Salomon à Socrate • ? Le génie de la Grèce ou de TÉgypte, inspiré par leurs dieux, a produit l'astronomie, la géométrie, la musique1. Le dieu des Juifs et de Moïse peut-il se vanter de découvertes et de bienfaits semblables?