S. Atkan., loc. cit. et p. 718. — Théod., loc. cit
î. C'est ici, sans doate, qu'il faut placer diverses réunions d'Antioche et de Milan, dont il est assez confusément question dans les auteurs (Soc, n, 18; Soz., m, 10), et qne les historiens précédents, par suite d* leur erreur de chronologie, avaieut éti induits à mettre avant ie concile de SarJi ine.
drie avait répondu aux débuts. Ce n'était qu'une série de désordres, de persécutions et de violences, Grégoire parcourait incessamment la province, appuyé d'un côté par le préfet Philagre et de l'autre par le duc Balac. Partout où passait cet étrange cortège pontifical, mieux garni de soldats que de prêtres, c'était un effroi général suivi de scènes de désolation. Tout prêtre, toute vierge, tout chrétien, suspects de quelque fidélité à Athanase, étaient battus de verges et jetés en prison1. D'illustres victimes ensanglantèrent cette persécution faite au nom de la croix. Les serviteurs d'un prétendu évêque achevèrent sur le corps épuisé du vieux Potamon l'œuvre des bourreaux de Dioctétien. Mais c'était surtout avec les solitaires du désert que la lutte était vive et acharnée. De ses retraites inaccessibles, où le gardaient l'amour des peuples et le renom de sa gloire chrétienne , Antoine bravait les magistrats, affrontait les soldats, provoquait par de vives ^ piquantes paroles Terreur victorieuse. Un jour môme, il osa quitter sa montagne, parut à Alexandrie dans son costume d'anachorète, et prêcha sur la place publique contre la doctrine d'Arius : « Vous êtes chrétiens, disait-il aux catholiques, parce que vous croyez que le Verbe que vous adorez est Dieu ; mais les Ariens ne diffèrent en rien des païens, puisqu'ils disent que le fils de Dieu est une créature, et qu'ils ne
t. S. Athan., Aj>oft, p. 749 751 ; ad Soi., p. 81G,817.
bissent pas de l'adorer1. » Une autre fois, il écrivait à Balac : « Prenez garde à vous, persécuteur des chrétiens. La colère de Dieu vous menace, et elle est proche. » Balac fut si irrité de cette lettre, qu'il la jeta publiquement par terre, cracha dessus, maltraila le messager et le chargea de dire à son maître qu'il prît g.irde à sa personne, au lieu de menacer celle des autres. Cinq jours après, le duc Balac, se promenant aux environs d'Alexandrie, fut renversé d'un cheval très-doux qu'il avait accoutumé de monter et qui, devenu tout à coup furieux, lui déchira grièvement la cuisse. Rapporté à Alexandrie, il y mourut au bout de peu de jours des suites de sa chute ; et chacun vit dans cet accident imprévu l'effet des menaces méprisées du saint anachorète1.
Quatre années s'étaient passées ainsi, pendant lesquelles la plus florissante province de l'empire était en proie à une agitation croissante, quand la mort imprévue de Grégoire vint mettre un terme à cette insupportable situation. Cet événement, diversement rapporté par les auteurs, causa à Constance un soulagement inespéré 3. Par un de ces brusques revirements de conduite.