‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 3)Chapitre 89 sur 297 · S. Athan., ibid., p. 835. — Théod., h · texte numérisé non relu

S. Athan., ibid., p. 835. — Théod., h

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« Quelle dépense, interrompit encore Épictète, serait suffisante pour voiturer tant d'évêques? » — a Les évêques, assura Libère, ne demandent rien au trésor public : les églises pourvoiront seules à leur transport. » — « Tout cela est vain, dit l'empereur : cet homme est condamné ; il a offensé tout le monde, mais personne plus que moi. Il n'a pas cessé d'exciter contre mon pouvoir la colère de mon frère Constant. Il n'y a point de victoire, pas même celle que j'ai remportée sur Magnence, qui me tienne tant au cœur que l'éloignement de ce scélérat. » — et Empereur, dit Libère, les évèques ne sont point faits pour venger vos injures *. »

Constance mit fin à l'entretien en accordant au pape deux jours pour réOéchir et se désister. La résolution du pontife fut inébranlable. Les deux jours passés, on lui annonça sa sentence d'exil, avec Tordre de se rendre à Bérée,enThrace. L'empereur lui fit offrir en même temps cinquante pièces d'or pour sa dépense. « Qu'on les reporte à l'empereur, dit le proscrit, je n'en ai point affaire, et il en a besoin pour payer ses soldats.» L'impératrice, troublée peut-être du spectacle de tant de violences, et voulant réparer, par un instinct de douceur naturelle, une partie des maux qu'elle avait involontairement causés, lui fit offrir aussi quelques épargnes tirées de sa bourse particulière. Libère les refusa en souriant : « Elle a, dit-il, des évêques de ses amis qui

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en sentent plus le besoin que moi, » Enfin, l'eunuque Eusèbc crut devoir imiter la générosité de ses maîtres, mais cette fois ce fut avec une indignation méprisante que l'offre fut rejetée. « Suis-je un criminel, s'écria le pape, pour que le dévastateur des églises m'offre ainsi l'aumône? Va, malheureux, et songe avant tout à devenir chrétien. » Le lendemain les gardes l'attendaient pour partir : et de ce palais impérial, où tant de fois l'ami était venu dénoncer son ami, le frère dévouer son frère au courroux du maître ; où le chevet conjugal n'était pas un abri sûr contre la délation ; où on avait vu à tant de reprises les magistrats, les jurisconsultes» les interprètes du vieux droit romain, violer la loi devant le bon plaisir du souverain, sortait un vieillard seul, pâle, enchaîné, payant de sa liberté et de son repos sa fidélité à son Dieu, a l'amitié absente, au droit et à l'innocence « !

Aucun des assistants ne pouvait échapper complètement à l'impression de celte grande scène.Voici en quels termes un païen, témoin oculaire, la racontait peu d'an- • nées après. « En ce temps, dit Ammien Marcellin, sous l'administration du préfet Léonce, l'évôque de la loi chrétienne, Libère, fut amené à la cour de Constance, parce qu'il résistait aux ordres de l'empereur et aux décrets de plusieurs d e ses collègues, chrétiens comme lui . C'était au sujet d'Athanase, alors évêque d'Alexandrie, qui s'était élevé beaucoup au-dessus des choses de son état, et s'était

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