s. Atlmi.. Coïft. Ar. Or. i, p
LA PERSÉCUTION ARfENVS. 339
à^laditficiêHé qu'on lui f^mi \>on jaiUit^drojteji ierme^de réponm, F«tigué pcirfoi^ IqHQémQde^mrâèresaufqueUQs oa la condamne : «0 les foua, 6'éerie*t-il, ô Ie9 chicaneurs! Mais il faut bien leur répondre. Il vaudrait mietii se taire ; mais puisqu'ils ne se tienn^t poiol en repos» pour réfuter leurs impertinences il en hut peut-être dire de pareilles. » Dénouant alors d^une main délieate les mille liens dans lesquels on ¥eut Tenlaeer, puis saisissaat d'un bras de fer son ennemi* le liaal reairaine avec lui sur les hauteurs de la mélaphysique chrétienne.
Au fond, ces petits traités ne sont qu'un long dilemme posé au ariens sous mille formes : « Ou/ésus*fihrist est Aîeu, ou il est une créature. S'il est Dieu, que noiis '■Kproche-t-on? S'il est créature « pourquoi l'adoresroiu? Vous êtes des païens et des gentils, si vous adores ^ qui est créé. IdoUtres ou catholiques : vous n'avez V^nl d'iniermédiaire » C'est sur ce point vulnerade Tarianisme que portent incessamment les traits d*Mhanase. El , en e0et , l'identilé parfaite de sa substance avec la subsiance divine était la seule chose qui distinguât le Christ de tous les demi- dieux, fils d^ dieux, de toutes les incarnations poétiques ou grotesques dont l'antiquité avait chargé ses autels. S'il n'étsil pas le grand Dieu lui-même, le Dieu unique,
4. Cette assimilation entre les païens et les nriens revient à tooltt j« pi%eé. — Voyez, entre autreg, j>. 385, 392.
340 LA PERSÉCITIOS ARIRNXE.
il n*élail qu*un nom de plus ajouté à la liste des faux (lieux. Il prenait rang avec Jupiter, avec Neptune, avec Apollon, dans un Olympe placé à moilié chemin, à mi-côle du ciel et de la terre, au-dessous des retraites inaccessibles d'un Dieu suprême, immuable et inconnu. Le polythéisme rentrait par une porte détournée, si une main vigoureuse ne Favait démasqué et déposté. Là est pour Thistoire de rinlelligence humaine Tintérël persistant de la lutte de Tarianisme, et le cri d*Athanase, poussé jusqu'à nous du fond du désert, vieni encore ébranler tous les échos de la raison comme de la foi.
Cependant les nouvelles d'Alexandrie devenaient chaque jour plus sinistres, car l'inutilité des perquisitions irritait et exaspérait les persécuteurs. Leur colère était surtout redoublée par la désertion des églises dont les prêtres ariens avaient pris possession. Les chrétien fidèles les fuyaient pour aller tenir leui^s réunions, so de piété, soit de charité, aux portes de la ville, dai des campagnes reculées. Défense fui faite aux ecclésif tiques rebelles de célébrer le service divin, ou de dis! buer les aumônes ; défense aux pauvres, de les recev< Puis, le premier dimanche qui suivit la Pentec/ informé qu'une de ces réunions prohibées se tenait i un cimetière, le comte Sébastien y fait subitement i sion avec trois mille honinjcs, I Cpée nue, au mo/ où la messe finissait. H fait arrêter les fidèles de tinclion, principalement les vierges, et les faisar
poiiiller de leurs vêtements, il ordonne qu'elles soient frappées de verges formées de branches de palmier f.aîches dont on n*avait pas enlevé les épines. Le supplice fut prolongé assez longtemps pour coûter la vie à beaucoup de ces saintes filles et à plusieurs hommes. On laissa leurs corps gisant dans la campagne, avec défense de les enterrer. Les mêmes violences ne tardèrent pas à s étendre sur toute la surface de TÉgypte : seize évéques bannis, trente forcés de fuir, partout des prêtres dispersés, martyrisés ou proscrits; des églises pillées et des instruments de supplice dressés sur toutes les places publiques; tous ces désordres couvrirent 'Ëgypte d'un spectacle de désolation que n'avait égalé aucune des persécutions du paganisme *.
Le bruit de ces malheurs arrivait dans la retraite d*Alhanase, apporté par des fugitifs dont les larmes ou les blessures lui déchiraient le cœur. La crainte d'exposer ses pieux hôtes à ce redoublement de cruauté le décida alors à se séparer même de cette société silencieuse, où il goûtait les douceurs de la sympathie. Fuyant toute habitation d'homme, il alla chercher un ^sile tellement secret qu'il ne pouvait, dit-on, y jouir 'ibrement de la vue de l'air. C'était , ou quelque grotte souterraine, ou quelqu'un de ces vastes caveaux funéraires dont la piété des Égyptiens avait couvert la campagne, et qui, souvent abandonnés et oubliés, deve-
1. s. Alhan., ad Sol. , p. 830 et suiv, Apol., p. 692; De fugu, p. m et SUIT. — Théod., ii, 14.
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naîent )a retraite des bêtes sauvages. Un seul fidèle ai savait le chemin et venait l'y trouver pour lui apporter sa nourriture et lui remettre ou prendre ses lettres*. Car du fond de son cachot inconnu , où le jour fie péné^ trait pas, sa voix trouvait encore moyen de se faire entendre. Il y a même dans les écrits qui, par lemr date, ont dû évidemment être composés dans les entrailles delà terre, plus de feu encore, des transports plus ardents d'une sainte colère, et comme une verv^ plus âpre. Sous Tétreinte chaque jour plus resserrée de la persécution, le courage do l'àme se concentre et s exaKc.
Il apprend, par exemple, que ce courage était mis en doute par les évêques ariens qui, de dépit de ne pas le trouver, répétaient en riant qu'il avait fui. a QuoH s'écrie-t-il , bondissant d'indignation , j'entends dire que Léonce d'Anliochc, Narcisse de Néroniadc, Georges de Laodicée, et les autres ariens, se raillent de moi et m api^ellent lâche, parce que je ne me suis pas livré de moi-même à leurs coups^!... Et ils ne voient pas que
2. Soi.j IV, JO. — Rufin, I, 18. — Luc. Cal., Epist.ad Athm.fàklà tin du volume des œuvres de Lucifer.
1. S. .\than., De fuga, p. 70i. — Ce Irailû d'AlliaDase, et celui que nous allons citer tout h Theurc, sont évidemment postérieurs, au moins de dix-huit mois ou deux ans, aux précédents, puii^ciu'il y est fait meatioQ de la chute d'Osius et de Libère, qui n'eut lieu qu'à la fin de 857 on au début de 358. Mais la suile du récit nous a obligé de les placer ici, parce [que s'il s'était écoulé un a?stz long laps do temps, il ne s'était pourtant pas opéré de changement notable dans la situatioB du prélat proscrit, entre ses premiers et ses derniers écrits. On dit çaTl
LA PfiASÉCUTlON AMIENNE. 343
[»r ces railleries Us se dénoncent eax-naèmes. Car, s'il esl ma) de fuir^ il est plus mal encore de poursuivre. Celui qui fuit se cacbe pour ne pas mourir; celui qui poursuit, court pour tuer... S'ils trouvent la fuite hon* leuse, qu'ils rougissent eux-mêmes de leur poursuite, car s*il n'y avait pas d'embûche, il n'y aurait pas de (uitenon plus*... Devant qui fuit*on? Est-ce devant l69 gens humains et doux, ou devant les gens féroces et criminels? On fuyait devant Saùl, et on se réfugiait chez Bavid^.. S'il est mal de fuir, pourquoi Jacob a-t-il fui devant Ësaû? Pourquoi Moïse a-l-il fui chez les Madianiles? Et que diront-ils, ces mauvais plaisants, de David fuyant de sa maison devant les meurlriers de Saul, se cachant dans une caverne, et déguisant son vi- ^ge, jusqu'à ce qu'il ait échappé aux embûches d'Abiinclecb?Que diront-ils, ces bavards imprudents, du grand Klie qui savait faire descendre la puissance de Dieu sur la terre, et ressusciter les morts, mais qui se cachait devant Achab et devant les menaces de Jézabel , dans le ^n)ps même où les fils des prophètes fuyaient la mort dans les cavernes d'Abdias? — Mais peut-ôlrc que ce là des exemples trop ancions et qu'ils n'ont pas
tn ans dans sa cayerne. Quelque soia que je mette à suivre fidèlement l'ordre chrenologique , ou conçoit que dans le récit de faits # se passèrent à des intervalles aussi éloignés les uns des autre?, il faut s'écarter quelquefois de la suite des dates \)Our ne pas briser à tonl moment la nairation.