Pan. vel., Mamert. in Jul., p
JULIEN AUGL'STK.
Une conjoncture â*une nature plus délicate que le choix des nouveaux consuls, parce qu'elle mettait aux prises toutes les passions religieuses, mais dont lulien ne se tira pas avec moins de bonheur, fut la cérémonie des funérailles de Constance. Il continuait ici, même sans nécessité, à jouer sa comédie de sujet fidèle et de bon parent. « Le soleil que j'invoque, avait-il écrit avant son entrée à Constantinople, et le grand Jupiter savent que, bien loin de souhaiter la mort ie Constance, j'avais fait des vœux pour sa conservaion^. » Aussi voulut-il lui-même que le corps impérial H amené à Constantinople, et que de magnifiques bsèques lui fussent préparées. Il suffit de mettre en égard les deux récits de cette pompe funèbre donnés ar saint Grégoire de Nazianze , d'une part, et par Libalius, de Tautrc, pour comprendre avec quelle adresse ulien sut profiter d'une circonstance en apparence embarrassante, pour faire un pas décisif dans la voie ileine d'embûches où il voulait s'avancer. Au récit de iaiot Grégoire , le cortège qui amena les restes de l'empereur de l'Asie Mineure à Constantinople fut un véritable triomphe. Dans toutes les villes où il passait, des services divins étaient célébrés, et tous les chrétiens demeuraient la nuit en prière, chantant des cantiques , récitant des psaumes , à la lueur de mille cierges allumés. L'effet de cette harmonie était si grand,
i. Jul. Ep. xin. (éd.Span.), p. 88t.
qu'à plusieurs reprises, on crut entendre des voix célestes se mêler au concert , et le bruit de ce prodige se répandit dans toute l'Asie. Les dissentiments religieux se taisaient; les justes griefs étaient oubliés devant l tombe du souverain baptisé et du flis de Constantin^ ^ Quand le navire qui portait le corps à travers le détroi'^^jj fut signalé à Constantinople, les troupes sortirent sou.9^^^ les armes , au bruit des clairons et au milieu d'une fouV^.^^^^ de peuple. Julien lui-même, contraint, dit le saint na rateur, de se conformer au respect général , marchait!^ leur tête dans sa toge de pourpre / et découvrant front dont il avait ôté le diadème. Ce fut dans cet ap reil que le cortège fit son entrée dans Téglise des Sai»^/!^. Apôtres, où Grégoire ne dit point si Julien l'acco/^. pagna*. Libanius donne à peu près les mêmes détails, mais sur un tout autre ton et avec quelques addilio/75. (c Le premier soin de Julien , dit-il , fut de demander oA était le corps de Constance, et s'il avait reçu les honneurs qui convenaient... Mais il ne s'en tint pas là. Il descendit lui-même vers le port de la ville , entraînant après lui une grande multitude. En voyant le cadavre porté sur les flots, il gémit, il toucha de sa main le cercueil, ne conservant lui-même d'autres insignes royaux que son manteau , comme pour faire voir qu'il ne rendait point le corps de Constance responsable des desseins qu'avait médités son âme. Puis, faisant rendre