‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 19 sur 321 · s. Athan., Ad Orthod., p · texte numérisé non relu

s. Athan., Ad Orthod., p

(l'hui... et ce que j'ai à vous dire. Il n'y avait alors qu'un seul lévite outragé et une seule femme violée... Aujourd'hui, c'est l'Église entière qui est en proie à la violence... A la vue des membres d'une femme, toutes les tribus s'émurent : vous avez maintenant sous les yeux les membres de l'Église déchirée... Je vous conjure donc d'être touchés comme si ce n'était pas nous seulement, mais vous tous qu'une telle injure fût venue frapper... Les canons et la foi de l'Église sont en danger. Elles ne sont pas d'hier, ces règles sacrées qui président au gouvernemeut de nos églises : nos pères nous les ont transmises par une sainte et salutaire tradition. Elle ne vient pas de nous, la foi que nous professons, mais elle est descendue jusqu'à nous du Sauveur même, par l'intermédiaire de ses disciples. Laisserez-vous donc périr entre vos mains ce qui a été conservé dans nos églises depuis les temps les plus anciens * ?» — Suivait un récit animé et exact des scènes violentes qui avaient accompagné la prise de possession de Grégoire.

Une si éclatante manifestation contre un acte accompli au nom de l'empereur, était à elle seule un fait de rébellion après lequel les jours d'Athanase n'eussent plus été en sûreté en Égypte. Aussi, ne comptait-il pas y demeurer. Le plus grand secret protégea sa fuite. Sans qu'on sache quel itinéraire il suivit, ni où il parvint à s'embarquer, il était de retour à Rome dès les premiers

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jours de juin, au moment où la capitale attendait la réunion du concile que le pape y avait convoqué*.

Tout était là bien différent. L'Occident seul s'était rendu à l'appel de Jules, et Athanase ne comptait que des amis parmi les cinquante et quelques évéques qui se réunirent dans l'église que dirigeait le prêtre Yiton, un des légats du pape à Nicée. Le procès qu'on fit à l'évêque d'Alexandrie ne fut guère que pour la forme. L'absence suspecte des Eusébiens qui ne voulaient pas comparaître à une réunion qu'ils avaient eux-mêmes provoquée ; la lettre des évêques d'Égypte ; le témoignage verbal des prêtres et des diacres de cette contrée ; par-dessus tout, la présence d' Athanase, le calme de son visage, le parfum de sainteté qui émanait de sa personne : tout concourait à le justifier. D'une voix commune il fut reçu dans la communion de 1 Église, dont il n'était en réalité jamais sorti. Le bénéfice de la même réhabilitation fut étendu à d'autres prélats bannis comme lui de leurs sièges par les évêques du concile de Tyr. au

t. Cette date de juin 341 pour le concUe de Rome est détenninée par Tillemont {Hist. Ecc., saint Jules pape, note 4), de la manière suivante : Le concile de Rome ne se tint qu'après le concile d*Antioche, lequel est indiqué par Athanase et par Socrate pour le commeiicemeut de 34t. liais il se tint immédiatement après^ puisque les députés Elpide et Pbiloxène, qui ne quittèrent Antioche que pendant le concile de cette yiUe,arrivèrent encore pendant le concile de Rome. C'est donc au printemps de 341 qn'il faut placer ce dernier concile. A la vérité, saint Jules, dans sa lettre insérée dans S. Athan., A})ol. ii, p. 744, dit que ces députés furent retenus jusqu'en janvier ({ovcuapicu) ; mais à la place de tavcuopicu on peut bien lire icuvtou, juin, et alors on arrive à la date fixée par Tillemont.

nombre desquels figurent Paul de Constantinople et aussi Marcel d'Ancyre qui parvint, non sans qu'on exigeât de lui quelques excuses, à se laver du reproche de sabellianisme^

Pendant que ces procédures suivaient leurs cours, les nouvelles d'Orient se succédaient rapidement. On apprenait chaque jour , par le récit des fugitifs, quelque nouvelle vexation exercée en Égypte contre les amis d'Athanase. Enfin, les députés du pape même, Elpide et Philoxène, revinrent, racontant tout ce qui s'était passé à Antioche et les vaines instances qu'ils avaient faites auprès des Eusébiens pour obtenir qu'ils vinssent à Rome, au rendezvous sollicité par eux-mêmes. On sut aussi qu*ils avaient rapporté une lettre des principaux membres de la réunion d' Antioche, adressée au pape. On éprouvait la plus vive curiosité d'en connaître le contenu. Mais, pendant plusieurs jours, Jules garda le silence. Il attendait s*il ne viendrait point de la même part quelques marques de repentir ou quelques nouvelles plus favorables. Enfin, les bruits devenant de jour en jour plus fâcheux, il ne put résister plus longtemps aux demandes qui lui étaient faites, et, au milieu du scandale universel, il donna lecture delà lettre qu'il avait reçue*. Cette épîlre, dernier

1. s. Athan., ApoL, p. 7î0, 739, 745, 751 ; Ad, Sol,, p. 818. — Soc., II, 15, — Soz., m, 8. — S. Épiph., Ilfpr., lxxh. D'après un texte de Sévère, et une lettre de saint Basile, il y a lieu de croire que Marcel retomba emyre dans ses erreurs et fut exclu de la communion par Athanase lui-même. Baron., Ann, Ecc, 847^ § 60 et 61.

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