‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 209 sur 321 · Liban., Ep. 731, p · texte numérisé non relu

Liban., Ep. 731, p

en Gaule, mais qui était, comme son homonyme, d*un esprit éclairé et doux, quoique païen, écrivait à Julien à peu près dans le même sens : (c Nous devons rougir, disait-il * en rendant comple des violences exercées contre Marc d*Aréthuse, de nous trouver si inférieurs aux chrélieus, qu'à nous tous nous n'ayons pu vaincre la résistance d'un vieillard, même en le faisant passer par tous les tourments. Il n'eût pas été bien glorieux d'eu venir à bout : mais c'est le dernier degré de la honte d'avoir dû se retirer en s'avouant vaincu \ » On ne sait ce que Julien lui répondit : il était de ceux qui n'aimenl point à entendre la vérité qui les blesse, et se plaisent à ne pas y ajouter foi, disposition que le souverain pouvoir favorise singulièrement. D'autres gouverneurs d'ailleurs, complices des violences au moins par leurs faiblesses, ne lui tenaient pas un langage aussi sincère, et faisaient mieux leur cour en laissant les crimes du parti vainqueur inconnus et impuni^. Il ne crut pas, ou ne voulu! pas croire à l'excès du mal ; et à ceux qui osaient timidement l'en entretenir, il se bornait à répondre d'un ton de raillerie incrédule : « Eh bien, qu'importe! ces Galiléens doivent se réjouir: la loi de rÉvangile ne leur ordonne-t-elle pas de souffrir les maux que Dieu leur envoie? »

Ce qui Taulorisait à ses propres yeux à rester dans son inaction, c'était que, dans plusieurs endroits, les chrétiens eux-mêmes pouvaient, au récit de témoins

1. s. (Irôj: , Or. IV, 5j, 88. — ^oz... v, 10. — Riif., x, 36.

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malveillants, paraître dans ces luttes les provocateurs. En plus d'un lieu» en effet, les sectes qui se décoraient du nom de chrétiennes , remises en pleine liberté avec une eicessive précipitation , abusaient de leurs droits nouveaux pour se porter à des violences contre leurs coreligionnaires. Ainsi les Donatistes, fiers des bonnes paroles de l'empereur, et confiants dans sa bienveillance, parcouraient les plaines d'Afrique dans un redoublement de fureur, chassant les catholiques des églises, détruisant les autels et brisant les calices, pour ne laisser aucun objet sacré souillé par un contact impur. Au besoin, ils réclamaient pour ces violences le concours des officiers impériaux, et se faisaient remettre par autorité de justice les manuscrits des Écritures saintes, les linges et les vases destinés au saint sacrifice ^ Ailleurs, à Cyzique par exemple, c'était la petite secte des Novatiens qui, persécutée sous Constance, demandait à rentrer dans ses sanctuaires détruits. Tous ces démêlés, moins vifs et moins nombreux pcul-élre que Julien n'avait compté, le réjouissaient pourtant beaucoup. 11 intervenait entre les combattants, et, éclairé par l'instinct de la haine, c'était toujours le parti des sectaires qu'il prenait contre ceux qui repré- ^ntaient l'Église universelle. C'est ainsi qu'il prit Irèsriettement la défense des Novatiens contre l'évùque de dyzique, Éleuze; et, comme l'exécution de ses ordres

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