S. Hil., Fragm,,ip. 1295. — Soz., ni
très-affaiblie) la science politique, l'art militaire et Téloquence. Constant n'avait recueilli qu'une grande bravoure personnelle et une honorable droiture de cœur, n était d'ailleurs ami du plaisir; on le soupçonnait des plus graves désordres de mœurs : accusation d'autant plus accréditée que, fiancé du vivant de son père à la fille encore enfant du ministre Ablave, il lui avait fidèlement tenu parole malgré sa disgrâce; et, en attendant qu'elle fût en âge d'être mariée, il restait célibataire dans une jeunesse déjà m*ùre. Une grande faiblesse de caractère qui le livrait à d'imprudents conseillers; des besoins d'argent et des goûts de dépense qui le rendaient à la fois avide et prodigue, faisaient de lui, au fond, un fort médiocre souverain. Mais il avait une foi très-solide, bien que peu éclairée, et il en donnait fréquemment des preuves en distribuant des largesses aux églises et des faveurs aux chrétiens. C'est ainsi qu'Eunape nous raconte qu'il avait fait venir d'Athènes un sophiste chrétien célèbre, du nom de Proérèse, qu'il faisait manger à sa table et à qui, par une disposition singulière, il avait donné le titre de général avec une grosse pension*.
Il avait eu indirectement quelques relations avec Albanase, qui, sur sa demande, avait rédigé pour lui un
i. Aurel. Vict, De rœs,, 41. — Vict., Eptt., 41. — Zos., ii, 4Î. — Eotr., X, 9. — Liban., Or., 8, p. 121. — S. Athan., Ad. Sol., p. 856; Apol., p. 678 et «79. — Amm. Marc., xx, 11. — Eunap., Vit. soph,, Paris, 1849, p. 49i.
petit catalogue et une sorte d'abrégé des livres de l'Écriture. Mais, pressé de prendre parti dans la cause qui partageait le monde chrétien, il éprouva le désir de faire plus ample connaissance avec le principal et de s'entretenir avec lui. 11 ne put guère donner stiiteà cette pensée avant la fm de Tannée 342,parcequeceHe fut qu'à cette époque qu'il put terminer la guerre des Francs par une paix dont les conditions ne paraissent pas avoir été bien satisfaisantes pour Thonncur romain *. De retour alors à Milan, il manda Âthanase auprès de lui^. A. D. Cet ordre surprit et ne contenta que médiocrement
révéque proscrit : sujet de Constance, et aussi éloigné de la rébellion que de la bassesse, Athanase éprouvait quelque scrupule à recourir contre son souverain à l'appui d'une influence étrangère. Il savait d'ailleurs qu'il est aisé de blesser l'orgueil des princes, mais qu'il est peu sûr de se fier à leurs paroles. En sollicitant l'intervention de Constant, il offensait mortellement le maître de l'Orient, avec qui tout évéque d'Alexandrie était destiné à entretenir de perpétuelles relations, et il n'était
1. 342 ap. J.-C. — U. G. 1095. — Indict. xv. — Constintius m et Constans ii coss.
2. Soc. — Soz. — Liban. — S. Jérôme, loc. cit. - Nous mettons ici l'entrevue de Ck)nstant et d'Athanase , que TiUemont rejetait plus loin. Cette entrevue précèla inïmédiatement le concile de Sardique. Or on verra tout à Theure les raisons (jui, de concert avec les chronologistes modernes, nous font avancer jusqu'en 343 la réunion de ce concile. Athanase (ApoL p 675) dit qu'il s'était écoulé trois ans entre son arrivée à Rome et l'appel de Constant. En mettant cette arrivée en 339, comme nous Pavons fait, on se trouve porté à la fia de 342.
nullement certain que la bienveillance de Tun des monarques fût d'aussi longue durée que la rancune de Taulre. Aussi, bien que reçu à la cour de Constant avec une faveur marquée, fidèle à sa prudence accoutumée, il se tint sur une adroite réserve. Il ne laissa pas échapper une seule plainte contre Constance; et, se doutant que toutes ses démarches étaient épiées et faussement rapportées à la cour d'Antioche, il prit d'avance la précaution de ne jamais s'entretenir avec l'empereur qu'en présence de témoins qui pouvaient entendre toutes ses paroles et en déposer au besoin. Celte prévoyance ne prévint pas la calomnie, mais lui préparait les moyens de la réfuter*.
Le souvenir du grand Constantin était l'instrument principal que les catholiques employaient pour agir sur l'esprit de son jeune fils'. Rien n'était plus propre à lui suggérer la pensée de suivre cet illustre exemple, en prenant lui-même Tiniliative d'un concile universel pour compléter l'œuvre de Nicée. Chacune des deux grandes fractions de l'Église venait en quelque sorte de se prononcer dans des sens diiTérents, quoique en se disant l'une et l'autre fidèles au symbole qu'elles avaient arrêté en commun. Le moyen le plus simple de les faire accorder semblait être de les mettre en présence et de les faire délibérer ensemble. C'est dans cette vue que Constant se décida à écrire h son frère pour