‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 224 sur 321 · s. Givç. Naz., Kp. VI · texte numérisé non relu

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liens que pour se donner le mérite de les convertir par ses argumentations, et les faveurs dont il disposait venaient en aide Tort à propos à sa logique. Césaire, l'ami de Basile et le frère de Grégoire, eût été pour lui une conquête sans prix. Il n'osa pôurtant pas l'entrepnîndre sur-le-champ. Ce ne fut qu'au bout de quelques mois, lorsque de nombreuses défections lui eurent donné conflance en lui-même, et lorsque l'irritation croissante des partis commençait à leur rendre la vie commune intolérable , qu'il se décida à porler une attaque directe au savant médecin. Il lui proposa une conférence en règle, à laquelle il se prépara de son côté avec le plus grand soin , comme si, derrière Césaire, il apercevait Grégoire et Basile eux-mêmes. Puis, pendant plusieurs heures, en présence de sa cour assemblée, il déploya tout ce que la nature avait mis en lui de ressources d'esprit et de grâce de langage. Ironie piquante, sophismes spécieux, allusions heureuses, le brillant enfant de la Grèce tnit ce Jour-là tout en œuvre et se surpassa lui-même. Mais Césaire avait étudié à la même école, et délia d'une main aisée les nœuds dont on voulait l'enlacer. Il eut réponse à tout, échappa à tous les pièges, déjoua toutes les insinuations, résolut tous les 8ophismes, et soutenant enfin, sans baisser les yeux, le courcoux du regard impérial : ce En un mot, dil-il. Je suis chrétien et Je veux l'être. » Julien, reconnaissant alors, dans l'élan de l'âme comme dans les traits du visage, une ressemblance qu'il no pouvait oublier ;

:;>08 JULIEN auguste.

(1 0 l'heureux père, diUil, qui a de si malheureux enfants! » La hitte avait passé les bornes permises à un courtisan : Césaire sollicita et obtint la permission de quitter la cour *.

Il laissait dans Tâme de Julien un trait envenimé ; une bataille perdue, une sédition populaire ou une insurrection de soldats lui eussent causé un dépit moins cuisant qu'un échec dans la joule oratoire. Il en éprouvait, moins encore pour lui-même que pour rhonneiir de ses Dieux, une cruelle humiliation. Les chrétiens avaient déjà pour eux la vertu ; comment aurait pu le méconnaître le malheureux souverain dont les nuits étaient troublées par les orgies des prétresses et les jours obsédés par les imporlunilés des sophistes mendiants ? Ils avaient aussi le courage : quelle audace à soutenir, quelle insolence même à provoquer la persécution ! S'ils allaient avoir, en outre, la science, la dialectique, ^ réloqiience, que reslail-il aux Dieux vaincus? Mais ^ toutes ces belles connaissances, c'était la propriété de la Grèce et de ses Dieux : la poésie découlait des sources?^^: d'Homère ; la logique était un instrument aiguisé pacH i Arislote ; c était Platon qui avait donné à la métaphysiquû des ailes pour traverser rinlini de Tespace et moiL^Hter vers le ciel. Était-il juste, pensait Julien avec ame«Ertume, de laisser ainsi des profaries dérober les bie«C75 du sanctuaire? Les adorateurs du charpentier,

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