‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 23 sur 321 · Soc., II, 12. — Soz., m, 7. — S. Athan., Apol, n, p · texte numérisé non relu

Soc., II, 12. — Soz., m, 7. — S. Athan., Apol, n, p

Nicée , Maris de Chalcédoine, Théodore d'Héraclée, qui ne se souciaient nullement de garder à leur téte un ami d'Athanase. Ils firent donc choix d*un diacre nommé MacédoniuSy dont les mœurs étaient bonnes, mais dont Tesprit d'intrigue était connu, et le consacrèrent à la hâte dans une église nouvelle dont la construction était à peine achevée. Deux évêques se trouvant ainsi en conflit d'attributions dans Tenceinte de la même ville, leur rivalité fut le signal d'un très-violent désordre. Le maître delà cavalerie, Hermogène, devançant ressentiment de Constance, se hâla de prêter main-forte à Macédonius. La population entière, indignée de cette préférence , entra en révolte. On mit le feu au palais d'Hermogène, on s'empara de sa personne oton le traîna tout meurtri par les rues de Conslantinople, jusqu'à ce qu'il eût rendu le dernier soupir'.

Constance reçut à Antioche cette effroyable nouvelle. Quoiqu'il n'aimât guère à commettre sa personne en aucun genre de péril, il ne pouvait se dispenser de venir rétablir Tonlredanssa capitale en feu. II monta à cheval en toute haie et se rendit h grandes journées à Conslantinople. A la nouvelle de l'arrivée du souverain, la population chrétienne, qui avait pu céder à un mouvement d'emportement, mais à qui tout esprit de rébellion durable était étranger, fut saisie de terreur et de contrition. Elle sortit en foule de la ville pour venir en pleu-

1. Soc., Il, lâ, 15 et 16. — Soa., m, 8, 7. — S. Jérôme, Chron,, an. 341; — Amm. Marc, xiv, 10, 2.

rant implorer le pardon de l'empereur. Heureux d'être si aisément délivré du péril, l'empereur ne se montra pas sévère. Il infligea pour châliment à la ville la suppression de la moitié des distributions de blé ordinaires. Du reste» il ne fit perdre la vie à personne; il écouta de bonne grâce la harangue justificative qui lui futadressée par le président du sénat, et daigna même y répondre. Craignant de se compromettre personnellement avec les passions populaires, il reçut assez froidement les amis de Macédonius, se plaignit qu'on ne l'eût pas consulté sur ce choix; et, pendant le très-court séjour qu'il fit à Conslanlinople, ne voulut point se prononcer explicitement en sa faveur. Il quitta la ville, la laissant dans cette incertitude, mais donnant tout bas pour instructions au préfet du prétoire, Philippe, de le délivrer sans bruit de la présence de Paul.

Philippe exécutacescommandementsavec intelligence et résolution. Il manda Paul auprès de lui, dans un lieu public, le bain de Zeuxippe, où ses fonctions l'appelaient pour trailer quelques afl'aircs. Il lui fit voir secrètement l'ordre de l'empereur et le somma d'y obéir. Paul reçut cette intimation avec respect, protesta qu'il était condamné sans justice, mais ne voulut pas faire de résistance. De crainte que le bruit de son départ ne se répandit, on ne le laissa pas même rentrer chez lui. On perça la muraille du bain pour ouvrir une communication avec le palais qui était contigu, et par une fenêtre du palais on fit monter Paul dans un vaisseau tout préparé qui

mil à la voile sur-le-champ*. Tranquille de ce côlé, Philippe, sans perdre de temps, alla chercher Macédonius, le fit monter sur son char et se présenta avec lui, escorté par un gros bataillon de soldats, sur la place publique. Les passants ouvraient les yeux de surpnse, croyant voir apparaître, dit Thistorien Socrate, une machine de théâtre. Avant qu'on eût eu le temps de se reconnaître, Philippe entra dans Téglise, suivi d'un attroupement confus au travers duquel les soldats se faisaient faire place à coups d*épée. En un instant l'église Tut pleine de gens qui se ruaient, qui se pressaient les uns sur les autres, et Tair fut rempli des effroyables cris des victimes étouffées par la foule ou frappées par les soldats. C'est dans ce cortège que Macédonius prit possession de son trône épiscopal.

De pareilles scènes, renouvelées sur divers points de Tempire et mettant tous les jours aux prises l'autorité impériale avec les populations tumultueuses des grandes villes, fatiguaient et effrayaient Constance Ce fut donc sans trop de répugnance qu'il entra , pour un instant, dans les vues pacificatrices de son frère, et la réunion d'un concile œcuménique fut résolue d'un commun accord entre les deux souverains. De concert avec le pape Jules, on convint de choisir, pour lieu de réu-

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