Liban., Or. 10, p
JULIEN PER8BGUTBIR.
peu longues, et les courtisans qui y assistaient, debout, par un soleil brûlant, maudissaient volontiers ces effusions d'éloquence. De Chalcédoine, laissant de côté Libyssa^ où se trouvait le tombeau d'Annibal, non sans doute sans en avoir fait Tobjet de quelque réflexion à la fois patriotique et déclamatoire, et Nicée, où les souvenirs du concile durent prêter à plus d'une plaisanterie, l'empereur arriva à Nicomédie. La ville, détruite ^deux ans auparavant par un tremblement de terre, sortait à peine de ses ruines. Julien Tavait habitée dans son enfance, du temps où il était confié aux soins du fameux Eusèbe. Parmi les malheureux habitants qui traînaient leur misère dans les rues dévastées, il reconnut plus d'un de ses anciens camarades. Ce spectacle lui causa beaucoup d'émotion , et on vit même des larmes couler de ses yeux^ quand il passa le seuil du palais en débris. D'abondantes aumônes et des fonds libéralement donnés pour lu reconstructiôn de la ville, firent bénir son passage ^
De Nicomédie, pour tendre vers Antioche , le chemin direct traversait la Galalie, la Cappadoce, et venait rejoindre le bord de la mer, a l'extrémité de la Cilicie. Mais Julien fit plus d'un détour sur la roule. D'abord il inclina adroite, vers la Phrygie, pour aller rendre ses hommages au sanctuaire illustre de Cybële, mère (les Dieux, a Pessinonte. Cybèle, aulremenl Ops, autrement encore Yesta, et la Bonne Déesse, avec ses tra-