Soc. II. 15 et 16. — Soz., toc. cit
2. Athanase rapporte de graves désordres survenus pour des causes analogues dans plusieurs villes de Thrace et à Andriuople (ad Sol.^ p. m et 821).
nion , la ville de Sardique placée sur Textréme limite des deux empires, à égale dislance, par conséquent, dos deux Églises'.
A^. D. Les évoques, principalement ceux qui étaient attachés à la foi orthodoxe , se rendirent à Tappel avec empressement. On crut un instant qu'on allait voir le retour des scènes imposantes de Nicée. Plus de deux cents évêqucs, appartenant à trente-cinq provinces différentes, arrivèrent en peu de temps de divers côtés. Il y en avait de tous les pays, depuisles provinces reculées d'Espagne jusqu'aux extrêmes limites de l'Asie*. On retrouvait, à la tôtc de cotte nouvelle phalange, le même Osius de
1. 343 ap. J.-C. — U. C. 1090. — Iiidictiori i. — Placidus et Romulus C08S. — Nous plaçons à cette date le concile de Sardique, de concert avec le nouvel historien des conciles, Hofele (vol. i, p. 514), et contrairement aux indications de Socrate (n, 20) et de Sozoniène (m, 12), qui rapi>ortent le même fait au consulat de Rufin et d'Eusèbe et à la onzième année ai^rès la mort de Constantin, c*est-à-<liie à Tannée 347. I/js raisons qui ont déterminé Hefele et qui me décident à le suivre sont concluantes. Il résulte en effet du récit d'Athanase (jue son retour à Alexandrie eut lieu deux ans environ après le concile de Sardique : or, ce retour est fixé, par les lettres paschales nouvellement découvertes, à la fin de Tannée 345 au plus tard, puiS(iuo Ton y voit déjà saint Athanase présidant au carême de 346. On est donc reporté foicément en arrière jusqu'à Tannée 343. Ce résultat avait déjà été pressenti par le cbronologiste Mansi, d'après un fragment d'une vieille chronique découvert à Vérone par le savant Malléi. Les lettres paschales ne laissent plus d'incertitude sur Terreur de Socrate et de Sozomène. La chronologie nouvelle se trouve d'ailleurs d'accord avec une indication do la chronique de saint Jérùme qu'on n'avait pas pu expliquer jusqu'ici, et qui rapporte le retour d'Athanase a la dixième année de Tenjpereur Constance, c'est-à-dire 340 (Conf. Wetzer, Restitutio verce chronologiœ rerum ariannium^ p. 17 et suiv. ).
2. Soc., n, iO. — Soz., m, 12. — S. Athan., ApoL, p. 720, 767, 768; ad Sol., p. 818. — S. Hil., Fraym,, p. 1290.
ATHANASB A ROME.
CordoQe qui avait présidé à Nicée et qui allait, cette fois encore , avec les prêtres Archidame et Philoxène, représenter le siège de Rome présidant TÉglise universelle, Jules s'était excusé de paraître, retenu par les besoins de son église*. L'évéque de Sardique lui-même. Protogène, ne marchait qu après cette députation du premier siège du monde. Comme à Nicée aussi , on voyait des martyrs ; mais ce n'étaient plus les héros de la persécution païenne : c'étaient les victimes des luttes intestines de l'Église. Les troupeaux, privés de leurs pasteurs et dépouillés de leurs sanctuaires par la violence des Ëusébiens, avaient envoyé leurs députés chargés de lettres racontant leur oppression et leurs misères avec des détails qui faisaient circuler dans tous les rangs* de l'assemblée un frémissement d'indignation douloureuse. On se passait de main en main des chaînes de fer et des instruments de torture, apportés comme de saisissants témoignages de l'oppression que des chrétiens faisaient subir à des chrétiens pour la cause de la vé-
1. s. Athau., Apol., p. 767. — S. Hil., Fragm., loc. cit. — Laprô- SideDce du concile paraît avoir encore «jté ici réservé^ à Osius de Cordoue, puisqu'il signe avec les légats du pape dans la lettre synodale du concile, etc. Sozomèue {\\\, 12) donne aux évéques orthodoxes ce nom : (cl 4{xçl rcv 6<nov), ceux qui étaient avec Osius. Le concile s'étant d'ailleuii si fortemeat prononcé, comme on va le voir, dans le sens de la primauté de Rome, il est évident qu'Osius ne pouvait prendre le pis far tons les évêques qu'en raison de cette primauté.
On voit par un mot de saint Athanase (ch. i, p. 676) qu'Osius, avant le concile, avait eu une entrevue avec Athanase, en Gaule, où prohablement ce prélat fit un voyage entre son entrevue à Milan avec Constance et sa venue à Sardique.
rilé *. Un Irès-vif mouvement d'opinion se déclara donc aussitôt dans la réunion, avant même qu'elle fût constituée, en faveur d'Athanase et de ses amis.
Le groupe des prélats eusébiens (auxquels on continuait à donner ce nom malgré la disparition du chef qui les avait conduits si longtemps) fut plus lent à se mouvoir, lis témoignèrent même au premier moment une grande répugnance à partir. A quoi bon, disaientils, un tel déplacement? Pourquoi leur faire quitter le soin de leurs ouailles et la prédication de la doctrine évangélique? Pourquoi imposer à des vieillards chargés d'années les fatigues d'un si long voyage*? Il fallut pourtant se décider à partir, car on ne pouvait mécontenter à la fois les deux empereurs. Ils firent route ensemble, au nombre de soixante-seize ou quatre-vingts, s'avançantà très-petites journées, se concertant dans chaque ville sur toutes les nouvelles qu'ils recevaient et dont l'apparence ne leur était guère favorable. Ils avaient grand soin, surtout, de ne point se séparer les uns des autres, et exerçaient même une intimidation assez violente sur ceux qui paraissaient trouver leur société compromcllante et auraient désiré s'en écarter^. Ils avaient d'nilleurs emmené, comme compagnons de route, le comte Musonien et un général du nom d'Hésyque; ne se sentant jamais tout à fait à
1. s. Athau., Apol., p. 762.— S. flil. Frvffm., p. 1Î85, 1291. '