‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 263 sur 321 · Jul. Cos., p · texte numérisé non relu

Jul. Cos., p

JCLIEN PERSÉCUTEUR. 319

plus loin parait Trajan, chargé de ses trophées. Puis, Adrien qui cherche du regard son Antinous : « Veille sur Ganymède, Jupiter, s'écrie Silène. » Toute la procession défile ainsi, la porte n*étant refusée qu'à Valérien et à Gallien, pour les punir d'avoir laiss('i humilier les armes romaines devant les étendards des Perses. En revanche, les derniers héros de l'empire, Claude, Probus, Aurélien, Dioclétien, sont salués avec estime par tous les Dieux. La marche est fermée par Constantin suivi de ses fils, et par Magnence qui, en sa qualité d'usurpateur, essaie, mais en vain, de forcer l'entrée

Après souper, et pour occuper les loisirs divins , Mercure propose d'établir entre les héros présents un concours de vertu et de gloire. Pour rendre la lutte plus complèteet plus difficile, on va chercher Alexandre, qui prend une des places laissées vides par les exclus. Les concurrents admis à la lutte sont, outre le fils de Philippe, César, Auguste et Trajan. « A tant de guerriers n'opposerez-vous pas un philosophe ? dit Saturne.» A cette demande, Marc-Aurèle est appelé et s'avance, le visage sévère et contracté, reconnaissable à son vêtement modeste et surtout (ne manque pas d'ajouter l'auteur) à sa barbe toufi'ue. Bacchus demande alors que, pour avoir un échantillon de tous les genres, on fasse venir aussi un ami du plaisir-. « Prenons-en donc un, dit Jupiter, qui ne soit pas tout à fait exempt de vertus

guerrières. » Cette condilion ne saurait être mieux remplie que par Constantin; et les combattants ainsi mis en présence, la joule commence. Chacun à son tour, dans un discours étudié, fait valoir ses exploits, César avec une Troide éloquence, Alexandre avec plus de feu. Les succès laborieux de la guerre des Gaules sont opposés avec avantage aux triomphes faciles obtenus sur les descendants dégénérés de Cyrus; mais le fils de Philippe retrouve sa supériorité en rappelant qu*il a combattu l'ennemi de son pays, et non ses concitoyens. Auguste parle de lui-même avec modestie, Trajan avec emphase; Marc-Aurèle n'en veut point parler du tout, et son noble silence fait Tadmiralion générale. Le tour vient enfin à Constantin : c'était là que tendait tout le récit, et le neveu se livre ici à cœur joie à toute Tamertume de sa haine contre l'oncle

« A ce moment, dit-il, on fit signe à Constantin que c'était à son tour de parler. Pour lui, au commencement, il attendait le combat avec confiance; mais à mesure qu'il considérait les actions des autres, les siennes s'amoindrissaient à ses propres yeux. Car, à dire le vrai, il n'avait fait autre chose que de tuer deux tyrans, l'un lâche et sans usage de la guerre, l'autre accablé par le malheur et par la vieillesse : tous deux délestés des Dieux et des hommes. Ses combats contre les Barbares prêtaient à rire, car il leur avait en quelque sorte payé

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