‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 304 sur 321 · s. Gi.'éT. Naz., Or. IV, 07, C · texte numérisé non relu

s. Gi.'éT. Naz., Or. IV, 07, C

LK RETOUR DE L'aRNEE. 451

sés. Faisons voir ce que leurs démons leur enseignent, et ce que nous avons appris de Jésus-Christ, lequel n'a pas retiré moins de gloire des souffrances qu'il a subies que de Tusage qu'il n'a pas voulu faire de sa puissance... Et s'il y a parmi vous quelqu'un dont l'âme soit irritée et demande la vengeance» qu'il la laisse à Dieu et à son jugement, et qu'il craigne de diminuer la peine à venir par la peine présente. Ne méditons point des exils et des proscriptions; ne trainons personne devant le juge; que le fouet ne retentisse pas dans nos mains; en un mot, ne faisons rien de ce que nous avons souffert *. »

II ne faut attendre de Libanius, ni cette hauteur d'instructions morales, ni ce torrent impétueux d'éloquence. Encore moins y faut-il chercher un jugement qui mérite confiance. On devine à quel excès d'emphase peut se porter l'habitude du panégyrique, combinée avec un sentiment vrai de dévouement. Ce n'est point l'éloge, c'est l'apothéose de Julien. Pourtant l'orateur éprouvait une émotion sincère, et le héros avait des vertus qu'on pouvait louer. On retrouve denc dans le langage de son ami, ce jour-là, par exception, à travers les ridicules habituels de la vanité littéraire, un grain de vérité qui relève l'insipidité des conventions de l'école.

Il n'y a pas jusqu'à la peinture même de sa douleur qui ne soit à la fois touchante et comique. « Nous étions dans l'attente, dit-il, souhaitant que nos pressentiments

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