‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 5 sur 321 · S. Athan., ad Sol., p. 813 et 814. — Philost., ii · texte numérisé non relu

S. Athan., ad Sol., p. 813 et 814. — Philost., ii

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pés au massacre de leurs parents. Le dernier, du nom de Julien, lui était allié par sa mère Basiline. Eusèbe reçut ainsi la commission de faire oublier à ces enfants le meurtre de leur père et le crime de leur oncle*.

Les partages faits, et la balance à peu près établie entre les intérêts opposés et les affections différentes des trois jeunes princes, ils se séparèrent en assez bons termes, sans inimitié vive, mais aussi sans affection, et chacun retourna à la conduite de ses propres affaires. Constance dut reprendre le commandement de la guerre contre les Perses, qui n'avaient pas désarmé, quoiqu'ils n'eussent pas profité de l'interrègne autant qu'on aurait pu le craindre. Ses premières armes furent heureuses; les Perses reculèrent devant les enseignes romaines; les Arméniens, un instant ébranlés dans leur vieille alliance avec Rome, rentrèrent promptementdans la soumission; des tribus du désert, qui suivaient habituellement la destinée du plus fort, vinrent aussi en aide aux armes de l'Empire*; le Tigre fut franchi sans obstacle à plusieurs reprises. Mais Constance profita mal et se hâta trop de triompher de ces succès. Il aimait l'agitation des camps et non le péril des combats. Assez entendu pour exercer des troupes, pour discipliner les soldats barbares

1. Amm. Marc. , xxii, 9. — Ab Eusebio educatus episcopo, quem génère longius contingebat.

2. Jul.. Or, p. 36-38. — Libanius, Or. 3, p. 121; 10, p. 309.— On n'ose guère se fier aux récits des succès de Constance, faits par ces deux panégyristes qui devinrent si rapidement ses détiacteurs.

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et présider même à l'organisalion de nouveaux corps, il craignait la responsabilité du champ de bataille. Son esprit indécis el cauteleux reculait en tout genre devant les partis décidés et se plaisait dans les demi-mesures. Sous sa conduite, la guerre des Perses, au lieu de marcher à un prompt résultat, fut soutenue avec un mélange de ténacité et de mollesse qui entretint sur cette frontière de Tempire comme une fièvre continue. La lactique qu'il mit en œuvre dès la fin de 338, et qui ne se démentit guère pendant toute la durée de son règne, consistait à tenir les ennemis en échec sur la limite des provinces romaines, repoussant leurs attaques sans leur en porter aucune, évitant les engagements trop décisifs, et hasardant juste assez pour rapporter chaque hiver à Anlioche les trophées qui pouvaient orner un triomphe. Chaque année ramenait par conséquent les mêmes incidents presque sur les mêmes lieux, et c*est ainsi que les sièges deNisibe et de Singare, qui nous sont signalés comme les événements principaux de la première campagne, reparaissent trois ou quatre fois dans le cours de dix ans, à peu près avec les mêmes circonstances. Cette incertitude explique aussi pourquoi les divers historiens ont pu à peu près également, suivant leurs penchants, représenter les Romains comme habituellement vainqueurs ou comme toujours vaincus dans cette longue guerre ; comment, par exemple, le même orateur Libanius peut dans deux discours différents et dans des termes également emphatiques, exalter tour à tour la gloire ou dépré-

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turel, conforme aux habiludes et aux inslincts des popiilalions; autant en Occident, où toutes les nations marquées de la forle empreinte de Tunité romaine parlaient la même langue et étaient habituées à vivre de la même vie, toute division était arbitraire et difficile à maintenir. Il n*y avait pas de raison suffisante pour que le maître delà Gaule et deTEspagne n'étendit pas sa domination sur TAfrique et sur l'Italie. Les points de contact toujours nombreux et les intérêts souvent croisés, faisaient éclater à tout instant entre les souverains de contrées si naturellement unies les rivalités et les conflits. On nesait trop d'où partit l'hostilité entre Constantin le jeune et son frère : elle naquit probablement de l'impatience d'ambitions trop rapprochées et trop souvent aux prises. Quoi qu'il* en soit, dès le commencement de l'année 340, à propos de quelques débats sur une délimitation de frontières, Constantin le jeune avait franchi les Alpes et s'était avancé jusqu'à Aquilée, dans la haute Italie. Il trouva ces provinces sans défenseur, leur souverain étant alors en Dacie,où il s'était porté pour se rapprocher de l'Orient, sur la demande de Constance. Cette facilité inattendue fut précisément ce qui perdit le jeune vainqueur. Son armée se répandit à l'aventure dans ces plaines fertiles de Lombardie qui semblaient lui être livrées sans contestation. Lorsque Constant, averti à temps, eut fait enfin partir quelques troupes pour s'opposer à celte invasion, elles trouvèrent l'armée de Constantin débandée et abandonnée au pillage. L'empereur lui-même tomba

avec un petit nombre d'hommes dans une embuscade, où il périt, percé de coups et écrasé sous les pieds des chevaux. Son corps fut précipité dans les eaux de la petite rivière d'Aise , d'où quelques serviteurs fidèles purent cependant le retirer*, a Ainsi, ajoute Thistorien Eutropc, la république fut réduite à deux empereurs. » C'était là désormais la division que commandait la nature des choses. L'empire avait deux tètes et parlait deux langues : il lui convenait d'avoir deux maîtres, et la division était si conforme à la nécessité que Constance n'insista pas pour prendre sa part dans la succession de son frère. Constant recueillit TOccident tout entier

Peu s'en fallait qu'il n'y eût aussi dès lors deux Églises. A la suite de la convention de Sirmium, Athanase était rentré dans son diocèse vers le milieu de l'année 338. Il avait traversé en triomphe Constanfinople d'abord, où l'évêque Paul, récemment rentré comme lui, l'avait ostensiblement reçu dans sa communion^ ; puis toute l'Asie Mineure et toute la Syrie. Par-

1. Eutr., X, 9. — Soc., II, 5, 25. — AurcL Vict, de Cœs,, 41; EpU,^ 41. — Zon., XIII, 5. — Zos., II, 41. — Nous n'empruntons aucun détail à un petit écnt d'un panégyriste, qui a passé longtemps pour Toraison fQoèbre du jeune Constantin, et dont Gibbon, Tillemontet M. A. Thierry se sont, suivant nous, trop servis. Le dernier éditeur de ce petit écrit nous parait avoir prouvé jusqu'à l'évidence qu'il se rapporte à un autre Constantin et à une date postérieure [Anonymi Grœci oratio funebris in Constantinum, — Friburgae, 1856).

«. Jul., Or., 2, p. 175.

S. S. Athan., ad Sol., p. 818.

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tout sur sa route un vif mouvement de réaction s'élait opéré en faveur des orthodoxes : les évêques et les prêtres schismatiques s'étaient vus souvent assez violemment chassés de leurs églises , l'humeur vive des populations orientales se portant très-volontiers à ces exécutions sommaires. Athanase ne prenait aucune part à ces représailles légitimes, mais désordonnées, bien qu'elles dussent plus tard lui être très-amèrement reprochées ^ Admis deux fois en présence de l'empereur Constance, il s'était tenu avec ce souverain, au fond très-hostile pour lui, dans une attitude de réserve fière. c< Je vous prends à témoin , lui écrivait-il plusieurs années après, si lorsque je vous vis à Yiminac en Mœsie et à Césarée en Cappadoce, je vous fis la moindre plainte, soit contre mon persécuteur Ëusèbe, soit contre ceux qui m'avaient fait tort*. »

Outre que sa grande âme n'était point accessible au sentiment de la vengeance, son esprit perspicace ne lui laissait pas ignorer de quels périls il était encore entouré, et combien son avantage momentané était précaire. Reçu à Alexandrie avec de grandes démonstrations d'enthousiasme populaire^ il y trouvait pourtant un groupe d'Ariens très-déterminés, qui s'étaient même, en son absence et de leur autorité privée, donné pour

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