I. De mysteriis liber, sect. m
au-dessus de terre; puis faisant sortir à son arnimondemenl, des ondes d'une fontaine, les génies et les amours auxquels la source est consacrée*. Un peu plus loin, c'est QEdesius, successeur de Jamblique, qui, divinement averti par un oracle des dangers de la profession de philosophe sous un empereur chrétien, va se cacher dans une retraite en dépit des efforts de ses disciples ^ Puis, c'est Euslathe , moins célèbre encore par ses propres aventures que par celles de sa femme Sosipètre, élevée dans son enfance par des génies et qui connaissait si bien l'avenir, qu'en se mariant elle put prédire le nombre, les vertus, les qualités des enfants qu'elle devait avoir, et la durée de la vie de son fiancé'. Tous ces contes, répétés dans les écoles, répandaient dans les rangs du peuple la réputation des philosophes, et ceux qui n*auraient pas compris leurs doctrines se sentaient pénétrés de respect au récit de leurs prodiges.
Par celte condescendance, en effet, qui l'a déshonorée aux yeux de la postérité, la nouvelle école philosophique s'assurait quelques jours de popularité et même de puissance. Son concours rendait aux dieux du polythéisme quelque chose de ce qui leur avait manqué pour combattre leurs victorieux ennemis. Un des mérites principaux de la religion chrétienne avait été d'offrir aux hommes des croyances à la fois populaires et sublimes,