‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 69 sur 321 · Z<.>s. — Zon. — Soc., etc., loc. cit · texte numérisé non relu

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appel. A vrai dire, lant d'efforts au premier moment pouvaient ne pas paraître nécessaires, car Tentraînement éiourdi de la Gaule était suivi sans murmures de Timitalion stupide et servile de l'Espagne, de l'Afrique et de l'Italie. Il suffisait, ce semble, d'avoir pris la place du mailre, pour avoir conquis le droit de donner des ordres comme lui. L'usurpation ne rencontra que deux résistances. A Rome, où le préfet du prétoire envoyé par Magnence avait d'abord été reçu sans hésitation, un neveu de Constantin, fils de sa sœur Entropie et nommé Népotien, tenta de recueillir la succession de son parent. L'entreprise lui réussit au premier moment, grâce à TinsufQsance de la force armée qui gardait la ville; mais il dut céder devant le premier effort sérieux. Népotien régna vingt-huit Jours,et fut détrôné au bout du mois par l'arrivée du comte Marcellin, devenu maître des offices ^ Sa chute fut suivie du massacre de tous ceux qui étaient alliés de près ou de loin à la famille de Constantin. Entropie elle-même, Abutère et Spérance, les amis d'Athanase, périrent avec beaucoup d'autres nobles et sénateurs. En Illyrie, un vieux général du nom de Vétranion, assez borné d'intelligence, mais dont la probité et les vieux services étaient estimés, ne voulut point recevoir sans résistance les ordres de maîtres inconnus; mais ne sachant h qui garder sa fidélité, ni comment retenir ses troupes

1. Zos., Il, 43. — Aurel Vicl., Epit. 4Î. — Chron, Alex. y p. 585. — Soc., Il, Î5. — Euirop., X, 11. — S. Athan., Apol., p. 677, 678. — Jul., Or.. I, p. 6.

SOUS les drapeaux » il se proclama empereur lui-même. A la vérité, il faisait dire en même temps à Constance qu'il se considérait comme son lieutenant, et non comme son égal. Il le priait devenir Taider à combattre lilagnence, et de lui envoyer de Targent et des troupes, en l'assurant qu'on verrait ensuite à s'arranger sur le partage de l'empire*. Une fille de Constantin, qui habitait rillyrie, sœur aînée de Constance et veuve du roi Annibalien, lui dictait, dit-on, toutes ces démarches.

Les députés de Yétranion se rencontrèrent, à la cour de Constance, avec ceux de Magnence lui-même. Maître de l'Occident, en effet, et surtout de Rome, Magnence trouvait qu'un tel lot suffisait à son ambition. Un partage amiable l'eût accommodé. La reconnaissance de son droit par le fils de Constantin aurait flatté sa vanité. D'ailleurs, dans les idées romaines, la souveraineté étant collective et indivise, elle n'était tout à fait acquise que par le consentement commun de tous ceux qui devaient y avoir part. L'usurpateur, tout en préparant d'immenses levées d'hommes et d'argent , et en étalant une grande démonstration de forces, faisait donc en même temps porter à Constance des paroles de paix , et lui proposait son alliance. Connaissant l'empire de la religion sur tous les héritiers de Constantin, il avait fait choix pour cette ambassade de deux évêques, que saint Alhanase nous désigne sous les noms de Serbace et de

1. Zos. — Anrcl Vict. — Eutrop.— Chron.Alex.j loc. cit. — Jul., Or. I, p. 47, 48. 59. — ÏOû., xiii, 7.

Maxime. On ne sait trop pourquoi ces prélats imaginèrent de se rendre à Antioche en passant par Alexandrie. Peut-être ne connaissaient-ils en Orient qu'Athanase, et pensaient-ils à mettre leur négociation sous la protection de cet éioquent intercesseur. En ce cas, le calcul était peu politique. Athanase n*était point en crédit auprès de Tempereur, dont il avait, par son retour, constaté la faiblesse et humilié Toi'gueil. Toute relation de sa part arec rOccident, où on le soupçonnait d'entretenir des inldligences séditieuses, était surtout mal rue et surveillée avec jalousie. D'ailleurs, Athanase portait à la mémoire de Constant un souvenir trop reconnaissant, pour voir, sans quelque sentiment d'horreur, les députés de son meurtrier. Reçus dans la demeure épiscopale , les évèques ambassadeurs n'y trouvèrent donc aucun appoi pour leur entreprise. Ils ne furent témoins que des larmes versées par le saint pontife sur la mort àn fils de Constantin , et des prières qu'il ordonnait dans toutes les églises pour le salut et les victoires de celui qui survivait*. Il les conduisit lui-même à l'office avee tous les grands fonctionnaires d'Egypte et il- purent entendre tout le peuple répéter en choeur avec lui : ô Christ, secourez Constance !

L'arrivée des deux d 'pulations ofnoidait avec les plus fâcheuses nouvelles de l'invasion de Sapor et do siège de Nisibe. Constance était à Edesse, sui^*ant.

î. s. JçTji., p. ^9

d'aussi près que sa prudence le lui permettait , les incidents de cette grave attaque * . Assailli par tant de coups imprévus de la fortune, et tant de propositions croisées en sens divers, il fit tôte à tout avec assez de calme et de courage. A défaut de valeur personnelle et de hauteur de génie, un sentiment inné de fierté monarchique, et la confiance dans son droit, le soutinrent dans ces épreuves. Il ne voulut point entendre parler de partage avec des révoltés. Il refusa d*écouter les ambassadeurs de Magnence. Il reçut de meilleure grâce ceux de Vétranion , mais sans prendre aucun engagement. En même tenops, il rappelait, par une loi que nous possédons encore , tous les soldats en congé sous les drapeaux , et pressait de sa personne, par tous les moyens, Téqui- . Iiement d'une vaste flotte ^ Délivré bientôt de tout souci pressant du côté de la Perse par l'issue de la glorieuse défense de Nisibe , il pourvut avec soin à la défense des places fortes de cette frontière; puis, il ne pensa plus qu'à rOccident, et se dirigea lui-même vers Constantinople, avant la fin de l'année 330. Un historien raconte qu'avant de se mettre en marche, il donna ordre à tous ses soldats de recevoir le baptême ou de quitter ses drapeaux , ne pouvant se résoudre à exposer à la mort des hommes dont le salut était en péril. En ce cas, il eût pris plus de soin de l'âme de ses soldats que de la sienne propre ; car il n'était lui-même encore chrétien qu'en

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