‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 85 sur 321 · Liban., Ur. 12, p · texte numérisé non relu

Liban., Ur. 12, p

tA JEUNESSE DE JULIEN. 245

dre comme au piège. Il commença exactement ainsi qu*il avait Tait pour Athanase. Il chargea le nouveau préfet du prétoire, Domitien,de direàGallus qu'il savait son désir de venir en Italie, et Ty autorisait bien volontiers. Domitien exécuta ses instructions sans beaucoup d'adresse : il sefit annoncer avec faste, passa plusieurs jours sans aller voir le jeune César, et se borna à lui faire connaître ses instructions par intermédiaire. Puis voyant que Gallus ne se pressait pas d'obtempérer à cet ordre détourné, il se rendit brusquement auprès de lui : « Partez donc, lui dit-il avec rudesse. Ne voyez-vous pas que l'empereur Vordonne? Si vous n'ol)éissez pas, je vais suspendre i l'instant toutes les fournitures de votre maison. » Gallus ne pouvait se laisser braver ouvertement par un sobalterne : il donna donc ordre à sa garde de mettre k préfet aux arrêts. C'était une grande détermination, <^r Constance, dans le partage des attributions impériales, s'était réservé explicitement la nomination de ce haut fonctionnaire. Aussi les principaux de la cour ^yèrent de représenter à Gallus le danger auquel il s'exposait, et lui demandèrent s'il était prêt, après 'ïn tel acte, à se proclamer empereur lui-même, et à briser les statues de Constance. Gallus n'avait pas lanl d'audace, mais son irritation était fort grande; ^'ledeConstantine n'était pas moindre; et, sans former aucun projet arrêté, ils ne voulurent écouler aucune ^ïïionlrance. Par un reste de précaution, cependant, et pour couvrir la hardiesse de sa résolution, Gallus feignit

d'avoir découverl une conspiration contre son pouvoir et sa vie, et fit appel bruyamment à la fidélité de ses gardes, qui vinrent à son aide en massacrant le prétendu coupable. Domitien périt déchiré par leurs mains. Puis, pour atténuer Tliorreur et le danger d'une telle violence, on lui chercha, on lui supposa des complices, auxquels on fit un procès régulier. Ammien Marcellin, qui assistait à l'instruction, en qualité d*aido du juge militaire, rapporte les détails de ce jugement, de manière à bien faire voir qu'il ne différa que par le nom du massacre qui l'avait précédé * .

Constance n'était assurément pas dupe de cette apparence. Il lui convint pourtant de paraître trompe. Il ne témoigna à Gallus aucune colère, feignit même d'entrer jusqu'à un certain point dans les intérêts de sa dignité blessée, mais n'en insista que plus vivement pour le voir arriver auprès de lui, afin de l'entretenir des affaires de l'empire. Il n'y avait pas moyen de résister à une demande si légitime, émanée d'un supérieur. Comme Gallus n'osait, ni opposer un refus positif qui eût paru insolent, ni se fier à une parole si suspecte, Constanliue lui proposa de partir à sa place. Elle voulait essayer son ascendant sur sou frère, et, en- tous cas, sonder le terrain. Elle se mit donc en route, laissant Gallus à Antiochcj mais à mi-chemin elle fut saisie d'une fièvre pernicieuse qui remporta en peu 'lo jours

1. Amm. Marc., xiv. 7, 9. — Philosl., m, 27, 28. — Zon., xiii, 9.

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