‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 87 sur 321 · Amin. Mavc, xiv · texte numérisé non relu

Amin. Mavc, xiv

2. Aram. Marc, tb. — Anrel. Vict., Epit, 42. — Zos., ii, 65, raconte cette triste histoire avec des détails un peu différents. — Philos., III , 27, 28. — Socr., ii, 34. — Chron. Alex., p. 541. La date de la moi t de Gallus est portée, dans cette chronologie, à l'aimée 355.

iéle tranchée dans sa prison*. Un courrier parti de Flanone tout exprès, vint à grandes journées et en crevant les chevaux, annoncer à Constance qu'il n'avait plus de rival dans Tempire» et avec autant d'apparat, dit Âmmien Marcellin, que s'il eût apporté les dé* pouilles du roi des Perses vaincu. Ce fut alors un concert d'enthousiasme et d'admiralion sur le bonheur de ce souverain favorisé du ciel, à qui un signe de tète suffisait pour faire et défaire des empereurs. Ses courtisans l'appelaient : Votre Éternité et à ce nom risible, qu'il ne craignait pas de répéter luimême, des ministres infidèles de Dieu ne rougissaient pas de joindre le nom presque aussi profane d'évêque des évéques.

Tout couvert du sang de ses proches, mais parvenu au comble des prospérités humaines, Constance vit enfin arriver le moment où il avait promis au pape Libère de s'occuper décidément, et pour en finir, des différends qui déchiraient l'Église. Son parti était, cette fois, bien pris de tout emporter de haute lutte, et de mettre le monde spirituel et matériel tout entier sous sa main. Le concile se réunit au début de l'année 355 ^ à Milan, où Conslance était déjà arrivé depuis plusieurs mois ; et l'on remarqua que c'était la première fois depuis soixante-

Amm. Marc, xv, 1.

ittC(/eri Calaritani Opuscula, Paris, 15G8 : De non parcendo in Minquentibus.

^â5, ap. J. C. — V.C. 1108. — Indiction xiii. — Arbetio et Lf^lliam CC.SS.

dix ans qu'il n'y avait qu une seule personne couronnée dans toute l'étendue du monde romain; car Constantin lui-même s'était toujours associé, au moins nominativement, un de ses fils, avec la qualité de césar. Rarement, la masse effroyable de la toute-puissance avait pesé sur une tête plus incapable de la porter.

Pour le moment, cette omnipotence était dirigée loul entière, et comme braquée vers un seul point de l'horizon. Un homme sans armes, saus gardes^ sans puissance, réfugié dans une extrémité de l'empire, enlre une cellule et une église, passant ses journées enlre l'aumône et la prière, avait l'honneur de concentrer surluîmôme toutes les jalousies, et bientôt foules les colères impériales. Quelque habiles qu'eussent été les calomnies dirigées contre Athanase, et quelque aveugle que fût la crédulité qui les accueillait, son plus grand crime, on peut le croire, était d'avoir résisté un jour et de n'avoir jamais flatté. Ce n'était ni un tribun haranguant des multitudes, ni un courtisan intriguant dans une antichambre. Il ne bougeait pas, il ne parlait pas. Immobile et silencieux, il attendait qu'on vînt l'enlever par la violence. Mais dans ce représentant désarmé de la conscience, le despote irrité sentait avec impatience un égal et presque un maître. Du sein do l'oppression universelle, c'était le réveil du droit appuyé sur la vérité*.

1. Le récit dos longues démarchos faites par Constance ponr arrirer à la condamnation d'Atlianase, arrache à Giid>on cette réflexion : « La difficulté avec laquelle on procéda à U condamnation d'un éréque

De Milan à Alexandrie, il n*y avait que deux têtes levées, qui se faisaient Tace l'une à l'autre : Constance, le maître du monde, et Âthanase, le serviteur de Dieu.

Le concile, dans la pensée de Constance et de ses conseillers, devait avoir pour résultat d'entraîner par la force l'adhésion de l'Église d'Occident aux sentences déjà portées tant de fois contre Âthanase par les OrientauXt 6t d'arriver ainsi par la violence à cette unanimité que tant de délibérations et de discussions n'avaient jamais pu obtenir. Aussi avait-on mis un grand soin à réunir le plus grand nombre possible d'évéques d'Occident. Pour les évêques Orientaux , dont l'opinion était déjà connue et consignée dans plus d'un arrêt, on ne jugea pas nécessaire de les déranger. Il n'en vint qu'un trèspetit nombre ^ Mais, dit un historien, comme il ne ^'agissait que de force et non de discussion, tous les soldats de Constance pouvaient passer à peu près pour autant d'évêqucs ariens ^.

Les directeurs de l'assemblée, après l'empereur et les officiers, étaient les évêques de Pannonie, Yalens et Ursace, aidés de plusieurs de leurs collègues de la même province, à qui la qualité de latins et l'usage Tacile de la langue de l'Occident assuraient un grand ascendant. Ils ne conçurent rien de mieux, pour entraincr

populaire découvrit au monde que les privilépes de TÉglise avaient <iéjà réreillé dans le gouvernement romain un sentiment d'ordre ot <ie liberté. »

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