‹ L'église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 4)Chapitre 89 sur 321 · Boll., 25 mai, S 9 et 11. — S. Hil., h^, cit · texte numérisé non relu

Boll., 25 mai, S 9 et 11. — S. Hil., h^, cit

se laisser enlever la foi de son enfance. L'émotion fut donc très- vive dans toute la foule : hommes, enfants» et surtout femmes, se mirent à crier : a  bas les Ariens ! les Ariens hors de l'église ! » — Denys fut obligé de sortir à deux reprises» pour calmer Tagitation et prier le peuple de rester en silence, afin de laisser décider les juges de la foi. Comme il rentrait, pour la seconde fois, dans la partie réservée, il trouva le tumulte au comble parmi les évêques. Deux officiers de Constance venaient d'entrer et arrachaient de son banc un des catholiques les plus décidés, qu'un historien dit être Lucifer de Cagliari. Un mot d'Eusèbe ou de Denys eût pu causer dans la ville la plus effroyable sédition, mais ce mot ne fut pas pro* noncé * .

La séance du lendemain s'ouvrit sous ces funèbres auspices, entre des légions sous les armes et une population en rumeur. Lucifer, gardé à vue dans sa demeure, n'y parut pas. On n'avait probablement pas osé mettre la main sur Eusèbe de Verceil, qui, plusieurs heures durant, elsans se laisser étourdir, ni par les instances, ni par les menaces, maintint son inébranlable position. c< Signez '^symbole, ne cessait-il de dire, et il en sera d'Atha- "2se ce que la Justice décidera. » Nulle défense n'eut *îlé plus eflicace en faveur d'Alhanase, que cet abandon

1. Boll. — s. Hil., loc. cil. Les deux récits de saint Hilaire et du "disent édité par le BollandisUj ne s'acoordant pas complôtenient, "ons Irç avons combinés de la manière qui nous a pam la plus vrai- «:mbiai,ie.

LA JEl'XKSSK DE JIIJEX.

apparent ; car rien ne mettait mieux en lumière combien sa cause et celle de la foi de Nicée étaient solidaires aux yeux de ses persécuteurs. Il n'y eut pas moyen d'ébranler Eusèbe, et tant qu'il tenait bon , personne n'osait céder sous ses yeux. Jl fallut encore une fois lever la séance, et traverser la foule qui retentissait des cris de: « Vive Denys ! vive Eusèbe ! vivent les sauveurs de la foi ! » auxquels se mêlaient aussi ceux-ci : « Où est Lucifer? Qu'on nous rende Lucifer! » — Denys monta en chaire pour exhorter le peuple à la patience, mais il ne put se faire entenJrc, jusqu'à ce que les Ariens eussent évacué l'église, et qu'on eût fermé la porte à clef sur eux. Alors, il put célébrer en paix, au milieu de l'assistance émue, une messe d'actions de grâces

La situation s'aggravait en se prolongeant. Les chrétiens, inquiets du sort de leurs évoques, ne voulaient plus quitter l'église, ni jour, ni nuit. Vainement, à plusieurs reprises, l'empereur envoya-t-il des soldats pour dissiper la foule. Denys, qui n'abandonnait pas son troupeau, leprésenla aux ofliciers que la paix publique ne tenait qu'à un fil, qu'il avait lui-même beaucoup de peine à maintenir Tassistance en prières, et que, la moin* dre goutte de i:ang versé, il ne répondait plus de rien. Constance, n'osant braver de sa personne la fureur populaire, se résolut enlin à changer de système. Il calma le peuple, en laissant reparaître Lucifer en liberté; mais

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