‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 22 sur 324 · Soc. II, 15 et 16. — Soz., loc. cit · texte numérisé non relu

Soc. II, 15 et 16. — Soz., loc. cit

2. AUianase rapporte de graves désordres survenus pour des causes analogues dans plusieurs villes de Thrace et à Andrinople (ad Soi.f p. SSOetSSl).

rant implorer le pardon de Tempereur. Heureux d'être si aisément délivré du péril, l'empereur ne se montra pas sévère. Il infligea pour châtiment à la ville la suppression de la moitié des distributions de blé ordinaires. Du reste, il ne fit perdre la vie à personne; il écouta de bonne grâce la harangue justificative qui lui fut adressée par le président du sénat, et daigna même y répondre. Craignant de se compromettre personnellement avec les passions populaires, il reçut assez froidement les amis de Macédonius, se plaignit qu'on ne l'eût pas consulté sur ce choix; et, pendant le très-court séjour qu'il fit à Conslanlinople, ne voulut point se prononcer explicitement en sa faveur. Il quitta la ville, la laissant dans cette incertitude, mais donnant tout bas pour instructions au préfet du prétoire, Philippe, de le délivrer sans bruit de la présence de Paul.

Philippe exécuta ces commandementsavec intelligence et résolution. Il manda Paul auprès de lui, dans un lieu public, le bain de Zeuxippc,où ses fonctions l'appelaient -pour traiter quelques aflaires. Il lui fit voir secrètement l'ordre de l'empereur et le somma d'y obéir. Paul reçut cette intimation avec respect, protesta qu'il était condamné sans justice, mais ne voulut pas faire de résistance. De crainte que le bruit de son départ ne se répandit, on ne le laissa pas même rentrer chez lui. On perça la muraille du bain pour ouvrir une communication avec le palais qui était contigu, et par une fenêtre du palais on fit monter Paul dans un vaisseau tout préparé qui

mit à la voile sur-le-champ*. Tranquille de ce côté, Philippe, sans perdre de temps, alla chercher Macédonius, le fit monter sur son char et se présenta avec lui, escorté par un gros bataillon de soldats, sur la place publique. Les passants ouvraient les yeux de surprise, croyant voir apparaître, dit Thistorien Socrate, une machine de théâtre. Avant qu'on eût eu le temps de se reconnattre, Philippe entra dans Téglise, suivi d'un attroupement confus au travers duquel les soldats se faisaient faire place à coups d*épée. En un instant Téglise fut pleine de gens qui se ruaient, qui se pressaient les uns sur les autres, et l'air fut rempli des effroyables cris des victimes étouffées par la foule ou frappées par les soldats. C'est dans ce cortège que Macédonius prit possession de son trône épiscopal.

De pareilles scènes, renouvelées sur divers points de l'empire et mettant tous les jours aux prises l'autorité impériale avec les populations tumultueuses des grandes villes, fatiguaient et effrayaient Constance-. Ce fut donc sans trop de répugnance qu'il entra , pour un inslant , dans les vues pacificatrices de son frère, et la réunion d'un concile œcuménique fut résolue d'un commun accord entre les deux souverains. De concert avec le pape Jules, on convint de choisir, pour lieu de réu-

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