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sont mêlés à tout ; de méditer comme les uns, et de me rendre utile comme les autres * . r>
n resta donc auprès de son père, lui servant de secrétaire et de majordome, s'occupant à la fois et de l'administration de son diocèse et de celle de ses propriétés, gémissant d'avoir à s*inquiéter chaque jour « pour gouverner les domestiques qui abusent de la facilité des bons mailres, et accusent la sévérité des méchants ; et pour déjouer les ruses des agents du fisc ou soutenir en justice les chicanes des plaideurs^. » Quand le fardeau devenait trop lourd, et l'ennui trop cuisant, il courait se réfugier dans une campagne nommée Tibérine, aux environs de Nazianze, où il respirait pendant quelques jours l'air plus léger du recueillement et de la prière.
Cette vie partagée , qui ne le satisfaisait au fond qu'à
i. Carm.j p. 691 ^ 692. Ce passage a donné lieu à de grandes dissertations. Le biographe bénédictin de S- Basile ne veut pas y voir la prenve que le saint n'embrassa pas la vie monastique. Suivant lui, les deux partis entre lesquels il hésite ici ne sont point la vie séculière et la vie monastique, mais les deux différentes sortes de vie monastîqoe8,rune solitaire et contemplative, l'autre eu communauté et occupée de travaux manuels et intellectuels, deux ordres de moines effectivemeot déjà distincts et pour lesquels S. Basile trace des règles diffélentes. Il cite plusieurs passages de S. Grégoire lui-même, où le mot (ufflÉ^f ;, employé ici pour désigner les séculiers , ne peut s'entendre que des moines cénobites, par opposition aux moines ermites. Il ne nous en parait pas moins certain, par la suite du passage, par les reproches que S. Basile adressa plusieurs fois à son ami, et par ceux que S. Grégoire se fit toujours à lui-même, qu'il faut interpréter la pensée de Grégoire comme nous avons fait dans le texte. Conf. Vit, S. Bas. dans les œuvres complètes de ce saint, p^ liv, lv.
S. Carm,y p. 639.
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moitié, et qu'il se reprocha toujours*, ne trouvait point grâcedevant la scrupuleuse et exigeante amitié de Basile. Ne pouvant lui en faire un crime, car il ne violait aucun devoir positif, ce pieux ami essayait tour à tour de l'attirer par de séduisantes descriptions, ou de le piquer par d'innocentes plaisanteries. Un jour il lui décrivait le calme de la solitude dans un langage qui semblait tout pénétré des parfums de la montagne : « De même, lui disait-il , que les bêtes féroces deviennent faciles à dompter dès qu'on a pu les assouvir, ainsi les passions, les colères , les craintes , les douleurs , tous ces maux ennemis de l'âme, endormis par la paix du désert et éloignés de l'excitation continue qui les irrite, deviennent plus souples sous le commandement de la raison. Donnez-moi donc un lieu comme celui-ci, éloigné du commerce des hommes, où aucune distraction du dehors ne vienne interrompre la continuité des pieux exercices. L'exercice sacré nourrit l'ûme des pensées divines. Quelle vie plus heureuse que d'imiter sur la terre les concerts des anges, de s'élancer vers la prière dès le point du jour, d'élever vers le Créateur ses chants et ses hymnes ! Ensuite, quand le soleil s'est levé avec plus d'éclat, de se mettre à l'ouvrage, toujours en compagnie de la prière, et d'assaisouner le travail du chant des cantiques comme d'un sel qui ranime ' ! » D'autres fois, pour parler plus vivement à la poétique imagination de sa