Jal., Misop.j p
JULIEN PERSÉCUTEUR. 30d
La politique impériale encourait donc ainsi peu à peu le blâme de toutes les classes. Vainement Julien, pour calmer l'irritation grossissante , accordait-il à Ântioche d'imporlantes faveurs, comme de fortes remises d'impôts et un accroissement notable de la curie qui diminuait les charges des décurions, la distribution équitable de vastes propriétés communales ^ Aucun de ces bienfaits ne diminuait la déplaisance qu'inspirait à la mollesse licencieuse des habitants la sévérité du souverain. Bien plus, une des mesures les plus hnportantes qu'il prit dans l'espoir de regagner les bonnes grâces d'Antioche tourna directement contre lui-môme et porta son impopularité au comble.
A mesure que l'hiver approchait, la famine s'aggravait : toutes les denrées haussaient rapidement de prix. On sait, en pareil cas, combien il est difficile de contenir et d'éclairer l'irritation d'un peuple atfamé. On cria dans les rues d'Antioche contre les accapareurs de grains, exactement comme on pourrait faire aujourd'hui dans les rues d'une de nos grandes cités. Les greniers étaient pleins, disait-on, suivant l'éternel refrain que tous les siècles ont entendu. C'étaient les commerçants qui gardaient leur blé pour le vendre plus cher. Julien n'était pas un administrateur plus éclairé que beaucoup de gouvernements de nos jours, et il avait certainement appris et peut-être composé lui-môme, dans ses études, des déclamations contre les spéculateurs qui profitent des