‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 262 sur 324 · Misop.j p · texte numérisé non relu

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pas nombreux , car Taclivité législative du roi philosophe n'était pas grande; mais il n*en est à peu près aucun qui n'ait pour objet de révoquer quelques-unes des modifications introduites par Constantin dans le droit civil, soit pour adoucir la condition des femmes, soit pour relâcher les liens de Tesclavage. C*est une réaction trèstimide, très-gênée, tentée par une main très-peu expérimentée, mais dont la tendance visible est tout entière dans le sens de Tancien droit quiritaire ^ « Les vieilles coutumes, dit une de ces lois, font Tinstruclion des temps nouveaux. Lorsdonc qu'il n*est point intervenu de cause d'utilité publique pour y déroger, ce qui a été doit toujours rester en vigueur ^. »

Mais où cet esprit de rivalité contre son prédécesseur éclate bien mieux encore, c'est dans un petit opuscule composé pour les fêles de la nouvelle année,, et qui semble n'avoir eu d'autre but que d'introduire Constantin en scène, pour le couvrir de ridicule. C'est une fiction, autorisée, dit le royal auteur, par la liberté des Saturnales, un petit drame dont voici le cadre : A l'occasion de sa fête, Quirinus, fondateur de Rome, fait Dieu depuis longues années, a voulu traiter dans le ciel tous les Dieux et tous les Césars, ses collè-

1. Cod. Théod., u, t. 5, 1. 1; m, t. 13, 1. 2; xv, t. i, 1. 9. Il paraitrait, d'après Aramien Marcelliu, que Julien avait fait un assez grand nombre de commentaires sur les anciennes lois pour les éclaircir. Mais Dons les avons perdus.

i. Cod, Théod., V, t. 12, 1. 1. — Liban, Or. 5, p. 298. — Amm. Marc , XXI, 10.

gues. Il les reçoit à diner dans la partie supérieure de réther, sous la concavité même de la lune. Quatre grands lits sont préparés pour les quatre grands Dieux : un d'ébène pour Saturne, un d'argent pour Jupiter, et deux, faits d'or massif, pour Rhéa et pour Junon. Audessous s'assoient, chacun suivant son rang, les autres Dieux de TOlympe, et auprès de Bacchus, tout brillant de jeunesse, son précepteur, le ventru Silène, qui joue le rôle du bouffon de la cour*.

Les Dieux une fois assis , tous les Césars sont introduits à la file, à commencer par le grand Jules, qui s'approche du trône de Jupiter, le front levé, comme pour lui disputer ce pouvoir. Tous, en passant, reçoivent un trait piquant décoché par Silène. C'est d'abord Auguste qui parait, changeant de couleur à chaque pas, comme un caméléon, tantôt pâle, tantôt rouge, tantôt noir. Tibère le suit, le visage à la fois grave et farouche, laissant voir sur son dos, quand il se retourne, les stigmates de ses honteux excès. Puis c'est Claude qui s'avance. « Roi Quirinus, dit Silène, fais appeler Narcisse et Messaline : celui-ci, sans eux , n'est qu'un comparse de comédie. » Néron ne veut pas quitter sa guitare. Derrière lui vient une nuée de prétendants, les Otiion, les Galba, les Vitellius; et Jupiter, tout étourdi du bruit qu'ils font, prie son frère Sérapis de se hàlor de les dissiper en faisant venir Vespasien d'Egypte. Un peu

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