Jul. Cœs.y p
JULIEN PERSÉCITËIR. 321
tribut» pour qu*ils le laissassent vivre dans les délices. Il se tenait donc très- loin des Dieux, au seuil même de la lune; et» possédé d*un vif amour pour cel astre, il ne faisait que le regarder, et ne songeait plus à la vicloire qu'il devait remporter. Contraint de parler pourtant : J'ai fait, dit-il , plus que tous ceux-ci : plus que le Macédonien, car j'ai vaincu des Romains, des Germains et des Scyllies,et non des Barbares asiatiques; plus que César et Octavien, parce que je n'ai pas combattu comme eux contred*excellents citoyens, mais contre les plus pervers et les plus scélérats des tyrans. Pour ce ce qui est de Trajan, je dois lui être préféré à cause des combats que j'ai rendus contre les usurpateurs; et comme j'ai recouvré le pays qu'il avait conquis, en cela je suis au moins son égal , si même il n'est pas plus difficile de regagner le terrain perdu que d'en acquérir de nouveau. Quanta Marc-Aurèle, son silence montre qu'il nous cède le pas à tous. — Mais, dit Silène, vas-tu nous faire prendre pour de belles œuvres, ô Constantin, tes jardins d'Adonis? — Qu'entendez-vous par là? reprit-il. — J'entends ces jardins que font les femmes consacrées au mari de Vénus, en mettant de la terre végétale dans des pots d'argile : ils fleurissent un jour et sèchent le soir. Constantin rougit à ces paroles , comprenant bien que c'était l'image de tout ce qu'il a fait *. » Les dieux cependant ne se hâtent pas de donner le