‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 304 sur 324 · s. Grép. Naz., Oi\ iv · texte numérisé non relu

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créé, et que, fait homme, il a reçu en héritage; que la loi figurait, que la grftce a réalisé , que Jésus-Chrisl a oonsacré, que les prophètes , les apôtres , les évangélisles, ont rassemblé, ajusté, et dont ils ont lié l'un à l'autre tous les membres!

a Tu vas donc opposer au sacrifice du Christ tes souillures; au sang qui a purifié le monde celui que tu dois verser ; tu vas porter la guerre contre celui qui est la paix I Tu lèveras ta main contre celle qui a été percée de tant de clous, et pour toi, et par toi I... Tu ne crains point tant de victimes égorgées pour le nom du Christ? Tu ne redoutes pas ces grands lutteurs, cet illustre Jean, et Pierre, et Paul, et Jacques, et Etienne, et Luc, et André, et Thècle, et tant d'autres avant et après ceux-là y qui ont tout bravé pour la vérité, qui ont combattu contre le feu, le fer, les bètes farouches, les tyrans, les maux présents et les maux futurs, comme si leur corps leur eût été étranger, ou môme comme s'ils n'avaient point eu de corps!... Ce sont eux dont nous célébrons les fêles : par eux les domons sont chassés, les maladies sont guéries : c'est d'eux que nous viennent les visions et les prophéties...

«... Mais si tu n'admires point ces témoignages passés, admire au moins ce qui est sous tes yeux, ô grand philosophe et ami généreux , qui vantes sans cesse la force d'âme des Ëpaminondas et des Scipion , qui, ù l'armée, marches et te nourris comme le soldat, et veux que le général fusse tout par lui-même ! II est

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digne d'une âme noble et courageuse comme la tienne, de ne point mépriser la vertu de ses adversaires, et d'accorder plus d'estime à leurs mérites qu'aux vices et à la lâcheté de ses amis. Regarde donc : vois>tu ces hommes errants, sans abri, dont les os n'ont plus de chair et les veines plus de sang, et qui, par là même, s'élèvent plus près de Dieu? Ces hommes, comme dit ton poète Homère pour honorer par celte fiction je ne sais lequel de ses dieux , qui ne se baignent point les pieds et couchent sur le sol? qui sont sur terre et au-dessus de terre, parmi les hommes et au-dessus des hommes, à la fois enchaînés et libres? domptés et. indomptables?... qui ont deux vies, une qu'ils méprisent, une autre qui seule remplit toutes leurs pensées? devenus immortels par la mortification , et attachés à Dieu par la dissolution de tous les liens? étrangers à tout désir, et pleins du calme du divin amour? qui s'abreuvent à la source de la lumière, et en réfléchissent déjà les rayons? dont les psalmodies angéliques remplissent toutes les veilles de la nuit, et dont l'âme transportée émigré déjà vers le ciel? purifiés, et qui se purifient tous les jours, ne s'arrétant jamais dans leur ascension vers ce qui est divin? qui habitent les rochers et vivent au ciel? qui sont dans la bassesse et sur le Irône? nus et velus d'incorruplibililé? solitaires et mêlés aux concerts d'une autre vie? châtiant toute volupté, mais plongés dans des délices inefl'ables? dont les larmes

noient le péché et purifient le monde? dont les mains IV. i^y

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étendues étreignent les flammes , domptent les bétes, érooussent les glaives» ébranlent les bataillons, et vont ai^ourd'bui» sache-le bien, terrasser ton impiété» quand bien môme tu pourrais échapper quelques jours et jouer ta comédie avec tes démons? Voilà ceux qu'il le feut craindre , ô homme très-audacieux, et qui coun à ta perte *. »

Mais si ce mouvement entraîne, il est beau cependant de le voir tout à coup arrêté dans Texoès du triomphe par le frein de la charité chrétienne. « Écoutes pourtant ceci» dit en terminant Tardent orateur, car cela vaut la peine d'être entendu et suivi. N*usotts point avec insolence du temps favorable. Ne nous mon* trons point durs pour ceux qui nous ont fait tort. Ne bisons point nous-mêmes les choses que nous avons blâmées. Jouissant d*avoir échappé au péril , détestons tout ce qui tendrait aux représailles. G*esl une peine qui doit sembler sufBsante aux hommes modérés, que de voir ceux qui les ont injuriés frappés de crainte et souffrant dans leur conscience les tourments dont ils sont dignes. Ce que Ton craint , ou le souffre déjà par avance, elle méchant est pour lui-même le plus rude des bourreaux. Ne mesurons donc point la colère à l'offense, et ne cherchons pas des châtiments qui lui soient proportioimés. Mais puisque nous ne pouvons tout punir, pardonnons tout, el montrons-nous en cela meilleurs el plus grands que ceux qui nous ont offciH

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