I. Bo!hn.l.,p
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nul (loule aussi qu'éveillé par la vue de tant d'incontestables prodiges, un enthousiasme facilement crédule n'ait embelli , enrichi , parfois même bizarrement tran yesti la vérité. De ces hommes, qui habitaient des retraites inconnues, dont le costume était singulier^ les traits déflgurés par le jeûne ou transfigurés par l'extase , des populations, ou encore païennes, ou très-récemment converties, étaient disposées à tout attendre et à tout croire. Alexandrie était pleine de récits étranges venus du désert. La part de la vérité et de Timagination était difficile dès lors à faire avec exactitude; elle serait impossible à la distance des siècles. Seulement on peut remarquer que ces récits naïfs, qui ont tout le charme et toute la sève d*une foi enfantine, étaient, par leur caractère particulier, merveilleusement propres à exercer un heureux effet moral sur la discipline intérieure de la vie chrétienne. Les prodiges qu'ils racontent ne sont point, en effet, de vains tours de force, d'inatiles démonstrations de pouvoir, dénature seulement à captiver les sens par un prestige surprenant. Ce sont d'ordinaire les représentations extérieures, sous une forme vivante et sensible , de la lutte de Tâme chrétienne contre les passions et le péché. On dirait le drame intérieur de rame produit au grand jour. C'était ainsi pour chaque chrétien Thlstoirc animée de sa vie intime , de ses luttes de conscience. Quand le récit des tentations de la volupté, soutenues par Antoine ou Pacome, était fait à des hommes jeunes, par une soirée brûlante, sous
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un ciel étoile se reflétant dans les eaux du Nil, au milieu des parfums de la nature » nu) sourire ne passait sur les lèvres, car chacun songeait aux combats qu'il livrait en lui-même. Chaque épreuve de la vie chrétienne avait de même sa représentation, depuis les pressantes séductions de l'orgueil et de la chair jusqu'aux puériles distractions qui viennent troubler les plus pieuses prièref^. Ainsi un jour c'est un saint qui aperçoit autour des moines en oraison dés démons lutins tenant en main et laisant voler devant leurs yeux les richesses du monde , les maisons , les parures , les objets de jeux et d'étude qui peuvent évoquer les souvenirs de leur jeunesse ou de leur enfance. D'autres fois, c'est la lutte du culte nouveau contrôles vieilles divinités de l'Egypte, qui semble personnifiée dans les combats rendus par un anachorète contre le démon sur les ruines des anciens temples ou an tombeau des magiciens de Pharaon '. C'est ainsi que dans un âge plus récent un sectaire de la Grande- Bretagne a décrit tous les combats du chrétien contre le péché par une longue allégorie où chaque vice comme chaque vertu sont personnifiés. Seulement, dans les récits du désert , ce ne sont ni des noms ni des personnages symboliques qui sont en scène. Les acteurs sont ces esprits fidèles ou déchus que l'Écriture elle-même nous représente comme toujours occupés à gouverner ou à troubler le monde, à protéger ou à perdre l'homme.